07.08.2008
Les films de juillet 2008
Côté cinéma, le mois de juillet fut peu prolifique : seulement quatre films vus. Promis, je ferai mieux le mois prochain !

Marc (Patrick Timsit), travaillant dans une société de transport, doit se rendre à Rome pour signer un gros contrat avec un partenaire italien. Mais des grèves nationales viennent d'éclater et Marc se voit obligé de gagner l'Italie en voiture. Cherchant un compagnon de route, il tombe sur Vincent (Charles Berling), un homme mystérieux et a priori sans attache, plutôt favorable aux grèves. Les deux hommes vont parcourir les routes bouchées de France, se découvrir mutuellement et, finalement, changer leur façon de voir les choses.
Sur fond de crise sociale (le film est entrecoupé d'images d'archives de plusieurs grandes grèves, donnant l'impression que le pays est en pleine révolution), Frédéric Andrei réalise un road movie social pas inintéressant, mais qui manque de punch. L'évolution des personnages et les embûches qu'ils rencontrent sont plutôt convenues, mais ils restent attachants, notamment grâce aux acteurs.
12 juillet : Valse avec Bachir (Waltz with Bachir), de Ari Folman

Un film d'animation sous forme de documentaire, c'est assez rare pour être souligné. D'autant que le procédé est tout à fait sensé. Le réalisateur israëlien, vétéran de la guerre du Liban, écoute l'un de ses amis lui raconter un cauchemar qu'il fait toutes les nuits et qui a un rapport avec la guerre. Intrigué par l'absence de souvenirs qu'il a de cette période, Ari finit par voir surgir une image du passé, dans laquelle il se voit se baignant avec deux autres soldats à Beyrouth. Ne sachant pas si cette image est réelle ou fantasmée, il décide de retrouver ses camarades d'antan pour reconstituer les événements auxquels il a participé.
Film sur la guerre, Valse avec Bachir est également un film sur le processus de la mémoire. Au début un peu brouillon - on ne comprend pas tout de suite où le réalisateur veut en venir - il prend peu à peu tout son sens et acquiert une ampleur immense sur la fin. Les horreurs de la guerre nous sont montrées selon différents points de vue, on sent les vétérans traumatisés par leur expérience au point d'escamoter inconsciemment des pans entiers de leur mémoire. Le film traite aussi de l'interprétation instantanée des événements par les soldats, qui n'ont pas toutes les informations au moment d'intervenir sur une mission, et fait un parallèle saisissant avec la Shoah qui laissera longuement songeur...
Côté animation, c'est un peu surprenant au début puis l'on s'y fait facilement, l'effet ressemblant à celui obtenu dans A scanner darkly. Le choix de l'animation prend tout son sens également sur la fin, le réalisateur jouant sur la subjectivité de la mémoire et la prise de conscience des spectateurs.
Troublant, Valse avec Bachir ajoute sa pierre originale et saillante au thème de la guerre au cinéma.
14 juillet : Kung fu panda, de Mark Osborne et John Stevenson

Le dernier film d'animation de chez Dreamworks promettait, avec sa bande annonce, un bon gros délire autour d'un panda voulant devenir maître de kung fu. Promesse tenue, à l'instar de Madagascar il y a trois ans, autre dessin animé du studio mettant en scène des animaux loufoques.
Po est un panda qui rêve de devenir un maître du kung fu. Balourd comme il est, il ne peut malheureusement que suivre les traces de son père pour tenir... un restaurant de nouilles. Mais le destin en décidera autrement. Alors que le maître Oogway doit désigner, comme la prophétie le prédit, le Guerrier Dragon parmi les cinq disciples de maître Shifu, c'est Po qui est choisi par erreur. Par erreur ? Peut-être pas... En tout cas, Shifu, malgré ses réticences, doit former le jeune panda. Car le terrible Taï Lung parvient à s'échapper de sa prison, et seul le Guerrier Dragon sera capable de l'arrêter.
Non mais quel délire ! Entre la maladresse de Po et les astuces de Shifu pour lui faire rentrer les bases du kung fu dans la tête, on rit en continu. Le scénario, pas très complexe, est néanmoins bien ficelé. Surtout, le film ne souffre pas d'un excès de bons sentiments : dès que l'émotion commence à devenir dégoulinante, les réalisateurs la désamorcent avec un gag surprenant qui prend le spectateur à contre-pied.
Côté réalisation, c'est juste magnifique. Notamment, la gestion des fourrures est irréprochable. C'est beau, fluide, plein de couleurs, de mouvements... nickel.
Une vraie réussite, qui confirme, s'il était besoin, le talent de Dreamworks en terme d'animation 3D.
24 juillet : Hancock, de Peter Berg

Hancock est un super héros. Mais il ne correspond pas vraiment à l'image qu'en donnent habituellement les films ou les comics : alcoolique, vulgaire, sans morale, il crée plus de dégats que les bandits qu'il arrête. Recherché par la police, haï par la population, Hancock se fiche de tout ça. Jusqu'au jour où il sauve la vie de Ray, publicitaire idéaliste, qui lui propose de redorer son blason. Première étape : aller en prison. Hancock accepte avec réticence. Mary, la femme de Ray, ne voit pas tout ceci d'un très bon oeil...
Sur une idée plutôt originale, Peter Berg parvient à réaliser un film plus surprenant qu'il le laissait prévoir. Le côté irrévérencieux d'Hancock n'est pas édulcoré. Bien sûr, on sait qu'il va s'adoucir et devenir véritablement bon - c'est quand même un blockbuster américain. Toutefois, le film ménage quelques surprises et prend un tournant que l'on n'attendait pas. Le côté inévitable de la conversion d'Hancock passe donc au second plan. Tout n'est certes pas parfait dans le scénario, mais dans l'ensemble le film se suit avec un grand plaisir.
Par ailleurs, les effets spéciaux sont réussis et ne donnent pas dans l'exagération, sauf pour quelques scènes isolées. Loin des clichés et des intrigues convenues des histoires de super héros, Hancock est donc un film rafraîchissant au sein de la production fertile du genre depuis quelques années.
16:00 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : juillet 2008, cinema, valse avec bachir, kung fu panda, hancock, par suite d'un arret de travail

