29.01.2009

Les films de novembre 2008

Ca commence à devenir une habitude : je suis très en retard... Je me demande si ça a encore un sens d'en parler, alors mes commentaires vont être très courts...

 

06 novembre : Quantum of Solace, de Marc Forster Stars_3.gif

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Suite directe de l'épisode précédent (Casino Royale), Quantum of Solace continue sur la même voie : un Bond plus sombre, plus intériorisé ; des combats plus bruts, avec bien sûr quelques explosions mais sans en faire une overdose ; et un scénario globalement crédible, moins extravagant que ceux de la période Brosnan.

Sur la piste de ceux qui ont tué Vesper dans Casino Royale, Bond met à jour une organisation criminelle jusqu'ici inconnue des services secrets britanniques. Une organisation qui a même infiltré ces services au point de mettre en danger la vie de M. Bond n'aura de cesse de la démanteler, partagé entre son devoir et son désir de vengeance.

Un très bon opus, efficace, relativement sobre (ça reste un Bond, quand même), qui contribue à replacer la série sur de bons rails.

 

08 novembre : Mesrine : L'Instinct de mort, de Jean-François Richet Stars_3.gif

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Ne connaissant pas la vie et l'oeuvre de ce criminel des années 70, j'y suis surtout allé pour l'affiche. Très bonne surprise que ce film, avec un Cassel vraiment impressionnant (on regrettera juste le coton dans la bouche pour les grossir, on n'y croit pas vraiment).

Côté histoire, comme il fallait s'y attendre, c'est un peu décousu : il a fallu raccourcir plusieurs années en deux heures, ça provoque des transitions un peu abruptes. Mais à part ça, le film est captivant, violent mais réaliste, et la fascination que l'on ressent pour le personnage est plutôt... gênante.

Les autres acteurs sont également très bons, comme Cécile De France.

 

09 novembre : Hellboy 2, les légions d'or maudites (Hellboy II : The Golden Army), de Guillermo Del Toro Stars_1.gif

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On se demande parfois pourquoi on se laisse à aller voir la suite d'un film qu'on avait détesté. La bande-annonce très esthétique y est sans doute pour quelque chose, mais au final, pas de surprise : Hellboy 2 est une grosse bouse. Un scénar invraisemblable, des personnages creux, seule l'esthétique sauve ce film du zéro pointé.

 

09 novembre : Bouquet final, de Michel Delgado Stars_2.gif

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Petite comédie française sans prétention et sans grande surprise. On rigole pas mal devant les déboires d'un croque-mort et de son jeune apprenti, l'idée est plutôt originale et les jeux de mots morbides pleuvent. L'intérêt est surtout de voir Marc-André Grondin, jeune acteur québecquois qui avait percé l'écran dans C.R.A.Z.Y.

 

15 novembre : Mes stars et moi, de Laetitia Colombani Stars_2.gif

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Tourné avant la sortie des Ch'tis, ce film aura sans doute bénéficié de l'aura de Kad Merad (sauf pour ceux qui ne le supportent plus...). Il jour le rôle d'un fan un peu trop attachant de trois actrices, dont il parvient, grâce à son emploi d'homme de ménage chez un agent artistique, à orienter la carrière. Mais les trois femmes en ont marre et décident de se venger.

Rien d'exceptionnel, c'est plus du téléfilm que du cinéma, mais c'est assez sympathique.

 

16 novembre : Mensonges d'état, de Ridley Scott Stars_3.gif

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Après son chef d'oeuvre American Gangster, Ridley Scott s'attaque à un sujet en vogue : les services secrets américains et leur guerre contre le terrorisme. Roger Ferris (Leonardo DiCaprio) est un agent de terrain chargé de traquer un terroriste jordanien. Il est aidé à distance par Ed Hoffman (Russell Crowe), vétéran de la CIA, dont il ne sait pas s'il l'aide ou le manipule. Il devra obtenir le concours des services secrets jordaniens pour parvenir à ses fins.

Sans atteindre l'excellence d'American Gangster, Scott nous livre un nouveau très bon film, emprunt d'une tension permanente et qui ne cherche pas vraiment à jouer les moralisateurs (difficile de savoir si Scott approuve ces méthodes/cette guerre ou non). Le film vaut essentiellement par la prestation de DiCaprio, décidément à l'aise dans ce genre de rôle après Les Infiltrés ou Blood Diamond.

 

22 novembre : J'irai dormir à Hollywood, de Antoine de Maximy Stars_3.gif

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Vous connaissez peut-être la série documentaire J'irai dormir chez vous, d'Antoine de Maximy, qui fait les beaux jours de la chaîne Voyage. Le principe : de Maximy par avec deux caméras et son sac à dos dans des pays plus ou moins accueillant, avec pour but de découvrir le mode de vie des habitants en s'invitant chez eux. C'est frais, intéressant, instructif, et terriblement original. L'auteur a décidé de passer au long métrage avec un but en tête : dormir chez une star hollywoodienne. En partant de New York, il traverse tous les Etats-Unis, en transport en commun ou à bord d'un vieux corbillard racheté et repeint. Il rencontre toutes sortes de gens, d'un futur prisonnier à des indiens parqués dans une réserve.

Attention, ce type est fou. On se demande comment il fait pour être encore vivant. Dès qu'il y a un coin bien louche qu'on lui conseille d'éviter, il fonce dedans. Témoin son passage à la Nouvelle-Orléans, véritable moment de tension du film. Certes, il en joue, provoque et n'hésite pas à utiliser une petite musique stressante. C'est un peu gros comme procédé, mais ça marche, car au-delà de la tension qui en résulte, il nous montre des choses qu'on ne voit jamais aux infos.

Bref, c'est un excellent film, et peu importe s'il atteint son but ou non. Les rencontres qu'il fait sont toutes plus passionnantes les unes que les autres, parfois poignantes, parfois tristes, parfois joyeuses, mais on en tire toujours quelque chose. Une vraie réussite.

 

23 novembre : La très très grande entreprise, de Pierre Jolivet Stars_2.gif

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Après Ma petite entreprise (que je n'ai pas vu), Pierre Jolivet revient dans le thème du monde du travail. Trois employés d'une très grande entreprise sont licenciés pour "raisons économiques". Après avoir obtenu de petites indemnités, ils décident que ce n'est pas assez et tentent d'infiltrer le siège de leur ancienne société pour trouver des preuves autour d'un scandale écologique - et faire raquer les patrons.

Le trio Roshdy Zem / Marie Gillain / Jean-Paule Rouve fonctionne plutôt bien dans cette satire sociale bien dans l'air du temps. C'est un peu gros par moment, mais le côté pieds-nickelés des personnage est très sympathique.

 

30 novembre : Mesrine : L'Ennemi public n°1, de Jean-François Richet Stars_3.gif

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Pas grand chose à ajouter par rapport au premier opus. Celui-ci est la suite directe et dans la même lignée. On notera juste la présence divine de Ludivine Sagnier.

07.08.2008

Les films de juillet 2008

Côté cinéma, le mois de juillet fut peu prolifique : seulement quatre films vus. Promis, je ferai mieux le mois prochain !

 

6 juillet : Par suite d'un arrêt de travail, de Frédéric Andrei Stars_2.gif

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Marc (Patrick Timsit), travaillant dans une société de transport, doit se rendre à Rome pour signer un gros contrat avec un partenaire italien. Mais des grèves nationales viennent d'éclater et Marc se voit obligé de gagner l'Italie en voiture. Cherchant un compagnon de route, il tombe sur Vincent (Charles Berling), un homme mystérieux et a priori sans attache, plutôt favorable aux grèves. Les deux hommes vont parcourir les routes bouchées de France, se découvrir mutuellement et, finalement, changer leur façon de voir les choses.

Sur fond de crise sociale (le film est entrecoupé d'images d'archives de plusieurs grandes grèves, donnant l'impression que le pays est en pleine révolution), Frédéric Andrei réalise un road movie social pas inintéressant, mais qui manque de punch. L'évolution des personnages et les embûches qu'ils rencontrent sont plutôt convenues, mais ils restent attachants, notamment grâce aux acteurs.

 

12 juillet : Valse avec Bachir (Waltz with Bachir), de Ari Folman Stars_3.gif

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Un film d'animation sous forme de documentaire, c'est assez rare pour être souligné. D'autant que le procédé est tout à fait sensé. Le réalisateur israëlien, vétéran de la guerre du Liban, écoute l'un de ses amis lui raconter un cauchemar qu'il fait toutes les nuits et qui a un rapport avec la guerre. Intrigué par l'absence de souvenirs qu'il a de cette période, Ari finit par voir surgir une image du passé, dans laquelle il se voit se baignant avec deux autres soldats à Beyrouth. Ne sachant pas si cette image est réelle ou fantasmée, il décide de retrouver ses camarades d'antan pour reconstituer les événements auxquels il a participé.

Film sur la guerre, Valse avec Bachir est également un film sur le processus de la mémoire. Au début un peu brouillon - on ne comprend pas tout de suite où le réalisateur veut en venir - il prend peu à peu tout son sens et acquiert une ampleur immense sur la fin. Les horreurs de la guerre nous sont montrées selon différents points de vue, on sent les vétérans traumatisés par leur expérience au point d'escamoter inconsciemment des pans entiers de leur mémoire. Le film traite aussi de l'interprétation instantanée des événements par les soldats, qui n'ont pas toutes les informations au moment d'intervenir sur une mission, et fait un parallèle saisissant avec la Shoah qui laissera longuement songeur...

Côté animation, c'est un peu surprenant au début puis l'on s'y fait facilement, l'effet ressemblant à celui obtenu dans A scanner darkly. Le choix de l'animation prend tout son sens également sur la fin, le réalisateur jouant sur la subjectivité de la mémoire et la prise de conscience des spectateurs.

Troublant, Valse avec Bachir ajoute sa pierre originale et saillante au thème de la guerre au cinéma.

 

14 juillet : Kung fu panda, de Mark Osborne et John Stevenson Stars_3.gif

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Le dernier film d'animation de chez Dreamworks promettait, avec sa bande annonce, un bon gros délire autour d'un panda voulant devenir maître de kung fu. Promesse tenue, à l'instar de Madagascar il y a trois ans, autre dessin animé du studio mettant en scène des animaux loufoques.

Po est un panda qui rêve de devenir un maître du kung fu. Balourd comme il est, il ne peut malheureusement que suivre les traces de son père pour tenir... un restaurant de nouilles. Mais le destin en décidera autrement. Alors que le maître Oogway doit désigner, comme la prophétie le prédit, le Guerrier Dragon parmi les cinq disciples de maître Shifu, c'est Po qui est choisi par erreur. Par erreur ? Peut-être pas... En tout cas, Shifu, malgré ses réticences, doit former le jeune panda. Car le terrible Taï Lung parvient à s'échapper de sa prison, et seul le Guerrier Dragon sera capable de l'arrêter.

Non mais quel délire ! Entre la maladresse de Po et les astuces de Shifu pour lui faire rentrer les bases du kung fu dans la tête, on rit en continu. Le scénario, pas très complexe, est néanmoins bien ficelé. Surtout, le film ne souffre pas d'un excès de bons sentiments : dès que l'émotion commence à devenir dégoulinante, les réalisateurs la désamorcent avec un gag surprenant qui prend le spectateur à contre-pied.

Côté réalisation, c'est juste magnifique. Notamment, la gestion des fourrures est irréprochable. C'est beau, fluide, plein de couleurs, de mouvements... nickel.

Une vraie réussite, qui confirme, s'il était besoin, le talent de Dreamworks en terme d'animation 3D.

 

24 juillet : Hancock, de Peter Berg Stars_3.gif

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Hancock est un super héros. Mais il ne correspond pas vraiment à l'image qu'en donnent habituellement les films ou les comics : alcoolique, vulgaire, sans morale, il crée plus de dégats que les bandits qu'il arrête. Recherché par la police, haï par la population, Hancock se fiche de tout ça. Jusqu'au jour où il sauve la vie de Ray, publicitaire idéaliste, qui lui propose de redorer son blason. Première étape : aller en prison. Hancock accepte avec réticence. Mary, la femme de Ray, ne voit pas tout ceci d'un très bon oeil...

Sur une idée plutôt originale, Peter Berg parvient à réaliser un film plus surprenant qu'il le laissait prévoir. Le côté irrévérencieux d'Hancock n'est pas édulcoré. Bien sûr, on sait qu'il va s'adoucir et devenir véritablement bon - c'est quand même un blockbuster américain. Toutefois, le film ménage quelques surprises et prend un tournant que l'on n'attendait pas. Le côté inévitable de la conversion d'Hancock passe donc au second plan. Tout n'est certes pas parfait dans le scénario, mais dans l'ensemble le film se suit avec un grand plaisir.

Par ailleurs, les effets spéciaux sont réussis et ne donnent pas dans l'exagération, sauf pour quelques scènes isolées. Loin des clichés et des intrigues convenues des histoires de super héros, Hancock est donc un film rafraîchissant au sein de la production fertile du genre depuis quelques années.

08.07.2008

Les films de juin 2008

Un mois de juin nettement plus intéressant que mai au niveau des films vus. La palme revient à JCVD, vraiment surprenant, et Phénomènes, sans doute le meilleur Shyamalan.

 

8 juin : JCVD, de Mabrouk el Mechri Stars_4.gif

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Je ne suis pas particulièrement fan de Jean-Claude Van Damme, en tout cas pas pour ses films. Ses déclarations absurdes dans la presse ou à la télé me font rire comme tout le monde, mais je ne m'étais pas jusqu'ici intéressé à l'homme. Cependant, les quelques extraits et faux teasers que j'ai vus du film m'ont convaincu d'une chose : cet homme a le sens de l'autodérision. Il y aurait donc quelqu'un à l'intérieur de ce corps musclé au service de films de baston bas de plafond ?

Eh bien oui. Van Damme joue son propre rôle, et il le fait avec une sincérité assez déconcertante. Certains passages vont un peu trop loin dans la victimisation (le procès pour la garde de sa fille, par exemple), mais dans l'ensemble son personnage est touchant, avec ses forces et ses faiblesses. Et surtout, Van Damme joue bien. Etonnant, non ? Difficile alors de savoir où s'arrête le cinéma et où commence la biographie, et c'est le principal intérêt du film. Quelques passages sont toutefois explicitement de l'ordre du réel, comme lorsque Van Damme s'élève du sol pour sortir du cadre des décors et part sur une tirade que l'on sent improvisée sur sa vie, ses sentiments, son rapport au monde. C'est, dans la forme, à rapprocher de ses célèbres délires, mais on a la dérangeante impression que cette fois c'est pour de vrai, ce n'est pas du spectacle : Van Damme se livre sans fard. Alors on peut continuer à se moquer, ou bien accueillir ces paroles avec empathie et essayer de comprendre. Bien peu dans la salle ont d'ailleurs ricané pendant cette scène, preuve que le réalisateur a réussi son coup.

Mais on aurait tort de réduire JCVD au seul aspect biographique. Car c'est avant tout un film de braquage avec un vrai scénario, de vrais personnages et un parti pris visuel qui peut gêner mais que j'ai particulièrement apprécié. L'histoire est simple : Van Damme, près d'être ruiné par son procès aux Etats-Unis l'opposant à son ex-femme pour la garde de leur fille, va récupérer du liquide dans sa banque, en Belgique. Avant d'entrer dans le bâtiment, il croise deux fans et accepte de leur signer des autographes, malgré le fait qu'il soit pressé. Les jeunes gens excités le voient entrer dans la banque. Quelques minutes plus tard, des coups de feu éclatent : il semble que Van Damme ait pris les clients en otage. La police arrive sur les lieux, ainsi que les médias et des centaines de fans.

Il y a donc une véritable histoire, qui n'est pas étouffée par la carure de Van Damme. Jouant sur une chronologie non linéaire pour nous dévoiler les informations au compte-goutte, l'auteur parvient à installer un suspense et à développer un scénario réussi. Le côté mythique de Van Damme est intégré à l'histoire, ainsi que son image auprès de ses fans ou de ses détracteurs. Les autres personnages ne sont pas négligés, et laissent la place à de très bons numéros d'acteurs : François Damiens (le monsieur "caméra cachée" belge, qu'on a déjà vu dans Dikkenek ou Cow Boy et qui a au moins autant de talent que Poelvoorde), Zinedine Soualem (acteur fétiche de Klapisch), Karim Belkhadra ou Boulli Laners (réalisateur de Eldorado et acteur notamment dans J'ai toujours rêve d'être un gangster).

JCVD est donc un mélange étonnant et très réussi, entre biographie et fiction, avec un Van Damme plus profond que ce qu'on pense, pas dupe de son image auprès du public, montrant une émotion et une humanité qui, si elles sont sûrement un peu romancées, n'en ont pas moins l'air sincères. Pas doute, on le regardera différemment, à l'avenir.

 

17 juin : Phénomènes (The Happening), de M. Night Shyamalan Stars_4.gif

phenomenes.jpgJ'en ai déjà parlé ici, mais je le répète : c'est un excellent film, dans la lignée de Signes.

 

22 juin : Sagan, de Diane Kurys Stars_2.gif

sagan.jpgN'ayant jamais lu Sagan ni ne l'ayant jamais vue à la télé, je suis allé voir ce film uniquement pour Sylvie Testud, une actrice hors norme. Difficile donc de savoir si sa performance est à la hauteur du personnage (notamment sa diction très particulière est assez gênante, mais il parlait que la vraie Sagan parlait comme ça...), mais il n'y a pas de doute sur le fait qu'elle porte le film sur ses épaules. Car en lui-même, le film n'a pas grand intérêt pour ceux qui ne connaissent pas l'auteur : on voit défiler sa vie avec, paraît-il, des clins d'oeil à ses romans, une vie certes originale (ne serait-ce que par la danse de ses amis, amants et amantes) mais qui n'est pas non plus exceptionnellement captivante. Les seconds rôles sont à peine esquissés, seuls Guillaume Gallienne (qui joue le frère de Sagan) et Jeanne Balibar tirent leur épingle du jeu. On regrettera même la présence de Pierre Palmade, qui malgré quelques efforts n'arrive pas à effacer l'impression d'artificialité de son jeu, et surtout d'Arielle Dombasle, dont on se demande pourquoi des réalisateurs font encore appel à elle alors qu'elle n'a aucun talent.

Malgré tout, le film reste sympathique à regarder, fresque assez bien faite qui traverse les décennies. La personnalité de Sagan est tout de même assez attachante, on est tour à tour agacé et charmé et notre intérêt, malgré quelques minutes d'ennui, reste la plupart du temps éveillé.

 

24 juin : La personne aux deux personnes, de Nicolas et Bruno Stars_3.gif

personne2personnes.jpgQui n'a pas été bercé, dans les années 80, par les tubes romantiques de Gilles Gabriel ? Comment, vous n'en avez jamais entendu parler ? Flouuuuu de toi, complètement flouuuuuu de toi, mais qu'est-ce qui nous arrive, j'ai perdu la diapositiiiiiive... Toujours pas ? Pourtant, la promo du film La personne aux deux personnes a joué sur ce vrai-faux clip interprété par Chabat sur le modèle des vraies chansons de l'époque : à la fois hilarant et, comment dire... gênant, dans la mesure où, à 10 ans, nous avons tous écouté ce genre de soupe...

Gilles Gabriel est donc un chanteur sur le retour, joué par Alain Chabat, persuadé que le succès va revenir. Pour preuve : il a entendu son tube trois fois à la radio dans une même semaine ! Alors qu'il écoute Flou de toi dans sa voiture, il renverse Jean-Christian Ranu, petit employé minable travaillant pour la Cogip à La Défense. Un étrange phénomène se produit : la personnalité de Gabriel est projetée dans l'esprit de Ranu, qui se retrouve envahi par cette nouvelle voix. Les deux hommes vont devoir partager le même corps, et s'entraider pour que l'un retrouve le succès, et l'autre un semblant de vie sociale.

Sur une idée totalement déjantée, Nicolas et Bruno réalisent un film hilarant bourré de bonnes idées, avec une critique acerbe mais au combien pertinente du monde de l'entreprise, entre le mépris des patrons pour les employés et les fausses techniques de motivation des troupes. Ranu, joué par Daniel Auteuil, est particulièrement convaincant en employé asocial emprisonné dans sa vie étriquée. Cela donne lieu à des scènes savoureuses, notamment dans ses tentatives désespérées de séduire sa chef, jouée par Marina Foïs.

Bref, on rit presque tout le temps. Une vrai réussite. 

 

28 juin : Bons baisers de Bruges (In Bruges), de Martin McDonagh Stars_3.gif

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Deux tueurs à gages sont envoyés à Bruges par leur patron, le temps de se faire oublier après leur dernière mission en Angleterre. Ken (Brendan Gleeson), le vieux, a toutes les difficultés du monde à clamer Ray (Colin Farrell), le jeune, qui a du mal à rester en place. Alors que Ken apprécie l'architecture charmante de Bruges, Ray s'y ennuie à mourir. Sur un tournage, il va rencontrer Chloë (Clémence Poésy), jeune belge un peu mystérieuse, ainsi qu'un nain qu'il recroisera plusieurs fois.

Oubliez le titre français et l'affiche à l'accroche stupide ("La Belgique, ses moules, ses frites et ses tueurs à gages"), qui jouent sur des stéréotypes pariant sur le fait que tous les spectateurs sont des imbéciles. Ne vous fiez pas non plus totalement à la bande annonce, qui insiste sur le côté déjanté du film. Oui, Bons baisers de Bruges est un film délirant et drôle. Cet aspect permet de capter l'attention du spectateur et de ne jamais le lacher.

Mais c'est aussi un film très humain, avec des personnages touchants, ayant chacun leur part d'ombre, des blessures secrètes. Cette humanité rééquilibre le film et l'empêche de sombrer dans l'absurde pur, le rendant nettement plus intéressant. Le réalisateur prend soin de ses personnages, même secondaires, et arrive, par petites touches, à les rendre consistants.

Une vraie bonne surprise pour un film qui, a priori, ne laissait pas espérer mieux qu'une banale histoire de gangsters.

 

29 juin : Seuls two, de Eric et Ramzy Stars_1.gif

seuls_two.jpgEt pour finir, le plaisir coupable du mois : le dernier Eric et Ramzy. Oui je sais, leurs films précédents étaient nuls. Mais j'aime bien les personnages, surtout lorsqu'ils improvisent, et la série H était plutôt pas mal. En plus, ils ont insisté pendant la promo du film sur le fait que c'était vraiment leur film, alors si je voulais me faire une idée précise sur leur talent, c'était le moment.

L'histoire : un flic minable (Eric), sur le point de se marier, poursuit sans relâche depuis 10 ans un cambrioleur (Ramzy) qui le nargue à chaque coup. Un jour, ils se retrouvent littéralement seuls dans Paris : tous les autres ont disparu.

Bon, le film ne vaut pas grand chose. Il est drôle par moments, mais certaines scènes s'étirent en longueur on ne sait pourquoi. Les deux acteurs sont à fond dans leurs personnages, difficile de juger de leur véritable talent d'acteur avec des rôles si stéréotypés. Pourtant, voir Paris vidé de ses habitants et touristes a un côté très impressionnant. Rien que pour ça, le film vaut le coup d'oeil. Mais juste un coup d'oeil : inutile de dépenser des sous pour aller le voir, il passera bien assez tôt sur TF1 ou M6...

01.07.2008

Les films de mai 2008

J'entends déjà des protestations qui s'élèvent au fond de la salle. Oui je sais, j'ai un mois de retard. Et je m'en excuse. Mais il faut dire que le mois de mai n'a pas été exceptionnel niveau ciné. Juin fut bien meilleur et je tenterai de faire un résumé des films que j'ai vus dans les temps (c'est-à-dire, dans la semaine).

1er mai : Iron Man, de Jon Favreau Stars_2.gif

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Je ne connaissais pas le comics et suis donc allé voir ce film sans a priori, à part celui concernant les qualités d'acteur de Robert Downey Jr. Iron Man s'avère être un film de super héros plutôt sympathique, bien rythmé, assez joli et au scénario correct. Il prend son temps dans la genèse du héros, ce qui, pour moi, est toujours la part la plus intéressante d'un film de super héros. Bon, ça reste très masculin comme univers : des exosquelettes aux allures de robots, de belles voitures chromées...

On notera aussi la très bonne interprétation de Downey, qui convient parfaitement au rôle. Ainsi qu'une séquence post-générique assez alléchante (restez jusqu'au bout !). Dans l'ensemble, Iron Man ne casse pas des briques mais reste un agréable divertissement.

 

3 mai : Deux jours à tuer, de Jean Becker Stars_1.gif

2joursatuer_p.jpgJ'en ai déjà parlé ici, alors je ne m'étendrai pas plus.

 

8 mai : L'Amour de l'or (Fool's Gold), de Andy Tennant Stars_1.gif

amouror.jpgAllez, petit plaisir coupable du mois : un film d'aventure et de chasse au trésor avec une jolie fille en maillot de bain (Kate Hudson, très bien comparée à McConaughey, qui cabotine à mort). L'histoire n'a rien d'original et est même franchement incompréhensible dans ses détails : une histoire de bateau coulé quelques siècles plus tôt avec en son sein un trésor inestimable, que des chasseurs de trésors modernes vont tenter de localiser à l'aide de livres et d'énigmes brumeuses.

Mais bon, il y a la mer, un peu d'humour et, je le répète, des filles en maillot de bain. Alors ça ne casse pas trois pattes à un canard, c'est même nettement en dessous de L'Île de Nim, mais on s'amuse un peu.

 

26 mai : Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal, de Steven Spielberg Stars_2.gif

indy4.jpgEn tant que fan d'Indiana Jones (et surtout du troisième opus), ce quatrième épisode était immanquable. Avec une pointe d'appréhension tout de même : les dernières réalisations de Spielberg ne sont pas ses meilleures, et l'imaginaire de Lucas a toutes les chances d'être pollué par des considérations bassement commerciales...

Bonne surprise donc que ce film, qui n'est rien d'autre qu'un Indiana Jones, et c'est ce qu'on lui demandait. Le personnage d'Indy, bien que vieilli, ne s'en sort pas trop mal (peut-être un peu moins d'humour ou de nonchalance). On a remplacé les nazis par les communistes russes, et la chronologie semble respectée. Les aventures sont variées, mouvementées, entre sombres grottes pleines de trésors historiques, jungle sans pitié et scène finale assez grandiose, bien qu'un peu trop space

On regrettera une utilisation abusive des effets numériques (les chiens de prairie totalement inutiles, les singes dans la jungle), et quelques scènes vraiment ridicules, comme cette explosion nucléaire au début à laquelle Indy survit... dans un frigo ! 

Mais dans l'ensemble, le contrat est respecté, et la fin laisse plusieurs possibilités quant à une éventuelle suite ou spin-off... 

 

29 mai : Cleaner, de Renny Harlin Stars_2.gif

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Un ancien policier au passé trouble s'est reconverti dans le nettoyage de scènes de crime. À la fin de sa dernière mission, il oublie de rendre la clé de la maison qu'il a nettoyée. Il revient sur place et comprend que la femme qui y habite n'est pas au courant qu'il y a eu un meurtre.

Le sujet est plutôt original mais le scénario est finalement très classique. Cleaner est un thriller plutôt banal, à la consctruction sans surprise. 

Ce qui sauve le film, c'est la complexité psychologique de certains personnages, comme celui joué par Jackson et surtout sa fille, qu'on ne voit pas souvent mais qui donne au film une dimension plutôt surprenante. Dommage que ce filon n'ait pas été mieux exploité au niveau du scénario.

12.05.2008

Les films d'avril 2008

Petite séance de rattrapage pour les films que j'ai vus en avril, à la manière d'un Epikt mais avec quelques jours de retard et sans le même degré de pertinence :)

6 avril : J'ai toujours rêvé d'être un gangster, de Samuel Benchetrit Stars_4.gif

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Un film qui réunit, entre autres, Jean Rochefort et Edouard Baer, ne peut pas être foncièrement mauvais. Ils avaient déjà tourné ensemble dans Akoibon, deuxième réalisation de Baer, film complètement bizarre mais avec un jeu d'acteurs excellent. J'ai toujours rêvé d'être un gangster était donc un film à voir pour son casting de "gueules" (outre les deux déjà cités, on peut y voir Jean-Pierre Kalfon, Laurent Terzieff, Roger Dumas, Bouli Lanners...). L'affiche laissait également présager le meilleur par son graphisme étonnant et son adéquation parfaite avec le titre.

Je ne fus pas déçu. Film à sketchs tournant autour d'une cafétéria au bord de la route, J'ai toujours rêvé d'être un gangster bénéficie avant tout d'une photo noir et blanc très belle et très léchée. Benchetrit rend hommage au cinéma de la première moitié du 20ème siècle (on peut voir quelques photos d'actrices et d'acteurs de cette époque dans la cafétéria) et va même jusqu'à tourner une séquence à la manière des films muets comme ceux réalisés par Chaplin.

Côté histoire, on croise Edouard Baer en chômeur paumé qui braque la cafétéria et tombe sous le charme de sa serveuse (Anna Mouglalis, magnifique, avec une voix à vous mettre à genoux) ; deux kidnappeurs amateurs qui enlèvent maladroitement une ado fille de riche ; cinq anciens gangsters vieillis nostalgiques de leurs anciennes aventures ; et Alain Bashung et Arno se rencontrant dans la cafétéria et remettant sur la table quelques vieilles rancunes. Dans tous les cas, on navigue entre humour absurde et mélancolie. Mais toujours l'humain est mis en avant : chaque protagoniste, sous ses dehors faussement menaçants, n'attend que d'être sauvé d'un temps qui les rattrape, les dépasse et les efface. Ce sauvetage passera avant tout par l'autre, à l'occasion d'une rencontre. Sauf quand l'honnêteté fait défaut.

J'ai toujours rêvé d'être un gangster est un film d'une beauté visuelle et émotionnelle très forte, avec des personnages attachants et une nostalgie qui ne prend jamais le pas sur un humanisme réconfortant.

 

12 avril : La Zona, propriété privée (La Zona), de Rodrigo Pla Stars_3.gif

1929261425.jpg Etonnant film mexicain où de jeunes désoeuvrés s'introduisent dans un quartier privé suite à l'ouverture de l'enceinte murale et électrifiée lors d'une tempête. Pénétrant dans la première maison, ils tuent la propriétaire mais la bonne déclenche l'alarme. Les hommes de la résidence arrivent sur place et tuent les malfrats sauf un, qui s'échappe. Mais l'un des résidents tue aussi un gardien. Pour ne pas être ennuyés par la police, les résidents maquillent la disparition du gardien en suicide et décident de traquer seuls le jeune survivant, qui ne peut pas sortir de la propriété privée.

C'est un film sur la dérive sécuritaire, très bien fait et plutôt subtil - les résidents n'ont pas tous des tendances fascistes - qui installe une ambiance inquiétante et suffoquante. Le sentiment d'enfermement est bien rendu, aussi bien chez le fuyard que chez les habitants. Il exprime le manque de liberté qui naît d'une sur-sécurité que l'on s'impose en voulant se protéger. Un très bon film. 

 

13 avril : Horton (Horton Hears a Who!), de Jimmy Hayward et Steve Martino Stars_1.gif

1926655751.jpgVu par défaut car la séance du film que je voulais voir étais complète. Un film d'animation sympatoche mais sans grand intérêt, vraiment pour les enfants. Il y a un bon message sur le conditionnement des enfants par une éducation conservatrice et bornée (qui rappelle un peu la thèse créationniste qui sévit aux USA), mais pas sûr que nos têtes blondes le captent et le comprennent. D'autant plus qu'il est gâché par une fin où tout le monde se réconcilie (le pardon universel, très chrétien), ce qui tend à décrédibiliser ce message.

 

19 avril : Sans arme, ni haine, ni violence, de Jean-Paul Rouve Stars_3.gif

1925244357.jpg J'ai hésité entre deux et trois étoiles, et puis je me suis dit que, pour une fois qu'un film français ne parle pas de la crise de la trentaine, il fallait l'encourager. En plus j'aime beaucoup Jean-Paul Rouve et, si son film n'est formellement pas très novateur, il est suffisamment soigné pour une première réalisation.

L'histoire est celle d'Albert Spaggiari, cerveau du casse de Nice de 1976 ayant défrayé la chronique, et qui parvient à échapper à la justice. Un journaliste de Paris Match retrouve sa trace et obtient une interview exclusive. Il s'envole pour l'Espagne où Spaggiari se terre.

Le principal intérêt de ce film est la personnalité de Spaggiari, bien servi par un Jean-Paul Rouve en forme (sauf lorsqu'il s'engage dans de longues explications parlées, qui semblent artificielles). On s'attache à ce personnage fantasque et sympathique, mais aussi ayant des convictions assez ambigues (notamment sur le racisme). C'est le tour de force de Rouve : nous mettre un peu mal à l'aise en nous faisant adhérer à un personnage qui est plus sournois qu'il n'y paraît.

A noter aussi la bonne performance de Gilles Lelouche (comme d'habitude), en journaliste qui cache bien son jeu mais qui reste humain, enferré dans une situation personnelle qui n'est pas négligée.

 

20 avril : L'Ile de Nim (Nim's Island), de Jennifer Flackett et Mark Levin Stars_2.gif

2107840782.jpgJ'en ai déjà parlé ici, alors je ne m'étendrai pas plus.

 

24 avril : Jeux de dupes (Leatherheads), de George Clooney Stars_3.gif

985816536.jpg Troisième réalisation du beau George (ça c'est pour C. ;)), Jeux de dupes raconte la création de la ligue professionnelle de football américain en 1925 à travers Dodge Connolly (Clooney), leader d'une équipe "pro" au bord de la faillite, qui cherche à recruter un jeune prodige universitaire, Carter Rutherford (John Krasinski). Entre les deux, une journaliste émancipée, Lexie Littleton (Renée Zellweger), cherche à prouver que Rutherford n'est pas le héros de guerre qu'il prétend, tout en tombant sous le charme de Connolly.

Ceux qui ont vu O Brother des frères Coen se trouveront en terrain connu : même humour, même genre de personnages, même ambiance début de siècle, il est clair que Clooney a pris exemple sur ses aînés cinématographiques. Et bien lui en a pris, car le film est une réussite, avec une intrigue légère mais relativement complexe, des personnages aux motivations opposées qui s'affrontent, mais toujours dans la bonne humeur. L'image a une teinte un peu "old school" qui convient bien à l'époque. Et on rigole franchement devant les pitreries de Clooney et de Krasinski - la scène finale est hilarante.  Sans oublier  Renée Zellweger, parfaite dans son rôle. Un très bon film.

 

26 avril : Ca$h, de Eric Besnard Stars_2.gif

885561483.jpg Cash est un Ocean's Eleven à la française, qui tient plutôt bien la comparaison avec son modèle américain. Cette histoire d'escrocs qui se courent après sans que l'on sache qui est qui et qui sait quoi est assez complexe à suivre, mais le scénario tient relativement bien la route et on ne s'ennuie pas un instant. C'est quand même un peu trop tiré par les cheveux pour être totalement crédible, mais le film est sympathique, sans plus, et on passe un bon moment.

 

27 avril : Disco, de Fabien Onteniente Stars_1.gif

1713097794.jpgEh oui, fan de Dubosc et séduit par le disco, difficile de manquer ce film... qui finalement est plutôt raté, mou, pas très drôle et dans lequel on entend trop peu de disco. Le duo improbable Dubosc/Béart ne convainc pas vraiment, et le film est bourré de trop de bons sentiments. Dispensable.

 

29 avril : À bord du Darjeeling Limited (The Darjeeling Limited), de Wes Anderson Stars_3.gif

1252146587.jpgLes films de Wes Anderson (La Vie aquatique, La Famille Tennebaum...) sont toujours des objets difficilement identifiables. Calmes et déjantés à la fois, ils mettent en scène des personnages marginaux à la recherche d'eux-mêmes, hantés par les liens familiaux. À bord du Darjeeling Limited n'échappe pas à la règle, et c'est tant mieux.

Francis, Peter et Jack se retrouvent en Inde à l'initiative du premier, pour un voyage initiatique à bord du train Darjeeling Limited, afin de retrouver leur spiritualité. Très vite, les tensions entre les frères ressurgissent, notamment autour de la mort de leur père et la fuite de leur mère.

Le film repose sur des personnages très forts et des acteurs exceptionnels. Entre rires et larmes, on suit avec fascination ces trois frères qui cherchent à se rapprocher même s'ils n'en ont pas pleinement conscience. Le thème de la famille est présenté sous toutes ses coutures (relations entre frères, décès du père, paternité...), sans concession et sans sombrer dans les lieux communs.

On regrettera, formellement, quelques ralentis douteux (mais rares), sinon le film est impeccable. On ne sait pas finalement ce qu'on peut en retirer, mais on reste longtemps sous le charme de cette ambiance zen et flottante, et de cette quête plus identitaire que spirituelle.