16.11.2009

Décès de Jocelyn Quivrin

Je n'ai pas l'habitude de m'émouvoir particulièrement de la disparition des célébrités. Je considère en général que leur existence n'a pas plus ni moins d'importance que n'importe quelle autre. C'est triste, bien sûr, mais je ne ressens pas le besoin de m'attrister particulièrement.

Hier, Jocelyn Quivrin s'est tué dans un accident de voiture. J'ai appris ça ce matin et ça m'a vraiment causé un choc. Je trouvais cet homme éminemment sympathique, bon acteur, et surtout très humble. En le voyant dans quelques interviews télévisés, je l'ai trouvé discret, quelqu'un qui ne cherche pas particulièrement à se mettre en avant, qui prend son travail comme une chance et cherche à en profiter et à en faire profiter les autres.

Je suis vraiment touché par sa disparition, et, pour ce que ça vaut, je souhaite beaucoup de courage à sa compagne, à son fils et à sa famille.

18.05.2009

Les films d'avril 2009

Et voilà, retard comblé ! Y a plus qu'à tenir la distance sur le reste de l'année...

 

02 avril : Duplicity, de Tony Gilroy Stars_2.gif

duplicity.jpgUn ex-agent du MI-5 (Clive Owen) et une ex-agent de la CIA (Julia Roberts) s'associent pour monter un coup : chacun devient agent de sécurité privé pour deux grandes entreprises de cosmétique concurrentes, l'idée étant de voler des secrets industriels pour les revendre ailleurs. Mais quand l'amour s'emmêle, on ne sait plus qui manipule qui...

Le film tient clairement sur le jeu amour/méfiace entre les deux personnages principaux. Le film est rythmé, entre présent et flashbacks, assez drôle et le scénario tient la route, même si la fin est prévisible assez rapidement.

 

05 avril : Safari, de Olivier Baroux Stars_2.gif

safari.jpgLe nouveau film d'Olivier Baroux (le O de Kad et O), avec Kad Merad, tient ses promesses : humour débile, situations rocambolesques, bref, l'habituelle recette Kad et O. On y suit les tribulations d'un guide de safari qui, pour sauver un ami, emmène des touristes dans la brousse. Sauf qu'il n'y a plus mis les pieds depuis des lustres et qu'il en a peur.

Il faut aimer ce genre d'humour - celui de Qui a tué Pamela Rose - et si c'est le cas, on ne sera pas déçu. Car sinon, le film n'a pas grand chose d'intéressant. Le scénario est convenu. Restent quand même de belles images de la savane.

 

11 avril : Prédictions (Knowing), de Alex Proyas Stars_2.gif

predictions.jpgAprès I Robot, je ne mettais plus beaucoup d'espoir en Alex Proyas. L'auteur de Dark City semblait en effet avoir sombré dans le côté obscur d'Hollywood. Prédictions ne s'annonçait pas mieux, avec un Nicolas Cage qui a l'habitude de faire de beaux nanars malgré son talent. Cette histoire d'un homme qui découvre une série de chiffres écrite cinquante ans avant par une gamine, et annonçant des catastrophes qui se sont depuis produites, avait tout du blockbuster sans cervelle.

Pourtant, Prédictions surprend. Proyas renoue - certes légèrement - avec son style d'antan : une ambiance visuelle assez sombre et inquiétante, des personnages mystérieux qui ressemblent aux ET de Dark City... Certes, le rôle du père célibataire qui-va-tout-faire-pour-sauver-son-fils joué par Nicolas Cage est affligeant de banalité, et l'histoire des prédictions n'a finalement pas grand chose à voir avec le dénouement. Mais il y a quelques bonnes surprises, notamment cette scène de crash d'avion filmée de façon extrêmement réaliste, qui nous fait comprendre que Proyas n'a pas l'intention de nous embobiner.

Résultat mitigé au final, mais Prédictions reste un bon film de divertissement.

 

12 avril : Wendy et Lucy (Wendy and Lucy), de Kelly Reichardt Stars_2.gif

wendy.jpgWendy est une jeune femme paumée qui part en Alaska pour trouver du boulot. Elle est accompagnée de sa chienne Lucy. Lorsque leur voiture tombe en panne dans une petite ville, Wendy laisse Lucy quelques instants au pied d'un supermarché. Elle se fait arrêter pour vol et, à son retour, Lucy a disparu.

Chronique d'une errance banale, Wendy et Lucy est un film assez touchant. Wendy, jouée par Michelle Williams, est un personnage attachant, femme vagabonde qui perd son unique compagne. C'est bien filmé, mais le tout manque de substance pour vraiment passionner.

 

13 avril : Monstres contre Aliens (Monsters vs. Aliens), de Rob Letterman et Conrad Vernon Stars_2.gif

monstres_aliens.jpgQu'attendre d'un film d'animation mettant en scène des monstres prisonniers de l'armée contre des aliens venus envahir la Terre ? Pas grand chose. D'ailleurs, le scénario n'a rien de vraiment intéressant. Heureusement, on rigole bien, pas spécialement des personnages-loufoques-et-différents-qui-vont-sauver-le-monde, mais plutôt de situations très comique comme cette scène où le président des USA rejoue la musique de Rencontre du troisième type devant le vaisseau alien. Il y a dans tout ça une autodérision pas désagréable du tout.

 

15 avril : Ponyo sur la falaise (Gake no ue no Ponyo), de Hayao Miyazaki Stars_3.gif

ponyo.jpgLe dernier Miyazaki nous raconte l'histoire de Sosuke, petit garçon vivant au bord d'une falaise et dont le père et marin, et de Ponyo, enfant-poisson qui s'échappe de son aquarium sous-marin pour découvrir le monde. Les deux enfants ne veulent plus se quitter, mais le père de Ponyo fait tout pour la récupérer.

Comme tout Miyazaki, celui-ci est visuellement superbe. La scène d'ouverture sou-marine est un pur bonheur. Pour le reste, Ponyo sur la falaise s'adresse vraiment aux tout petits. Il rappelle plus Mon voisin Totoro que Princesse Mononoke. Pas (ou peu) de danger, c'est juste une histoire mignonne, avec bien spur un petit discours écologique, et les habituels thèmes de Miyazaki. Pour ceux qui aiment, un vrai bonheur.

 

16 et 26 avril : Dans la brume électrique (In the Electric Myst), de Bertrand Tavernier Stars_3.gif

brume_affiche.jpgJ'en ai dit ce que je pensais ici, je ne m'étendrai donc pas plus.

 

23 avril : OSS 117 : Rio ne répond plus, de Serge Hazanavicius Stars_3.gif

oss117.jpgAprès OSS 117 : le Caire, nid d'espions, voici le retour du meilleur agent secret français, toujours aussi ignorant, raciste, machiste et arrogant. Il doit cette fois récupérer un microfilm détenu par un ancien nazi, et contenant une liste de collaborateurs français que le gouvernement de De Gaulles souhaiterait garder secrète.

Attention, si vous n'aimez pas l'humour lourd et répétitif sur les juifs, les nazis, les femmes, etc., passez votre chemin. OSS 117 est à prendre au 36ème degré. Rien de sérieux dans tout cela, sauf peut-être une critique d'une certaine vision de la France (avec un F super majuscule), prompte à défendre les défavorisés mais qui oublie parfois de balayer devant sa porte. Dujardin est excellent, parfaitement adapté au rôle, et il y a des scènes d'anthologie à hurler de rire.

14.05.2009

Dans la brume électrique

brume_affiche.jpgIl y a quelques semaines est sorti sur les écrans le nouveau film de Bertrand Tavernier, Dans la brume électrique. Adapté du livre de James Lee Burke (dont le titre initial était Dans la brume électrique avec les morts Confédérés, nettement meilleur, mais sans doute raccourci pour attirer un public incapable de retenir plus de quatre mots à la suite), sorti en 1992, le film raconte l'histoire de Dave Robicheaux, adjoint au shérif de la paroisse de New Iberia, en Louisiane, qui est sur une affaire de meurtre : une jeune femme, Cherry LeBlanc, a été retrouvée morte, mutilée et abusée sexuellement dans le bayou. Etrangement, ce décès correspond au retour de Julie Balboni à New Iberia, un mafieux originaire de la paroisse ayant fait son trou à la Nouvelle-Orléans. Il est ici pour affaires légales : il a investi dans un film historique qui se tourne près de Spanish Lake sur la guerre de Sécession.

Parallèlement, l’acteur principal du film, Elrod Sykes, se fait arrêter par Dave pour conduite en état d’ivresse. Il lui révèle alors avoir découvert le corps presque momifié d’un noir au torse enchaîné, dans le marais d’Atchafalaya, lors du tournage. Robicheaux est persuadé que ce corps est celui du Noir qu’il a vu se faire lyncher en 1965 alors qu’il avait 17 ans.

Il va donc mener les deux affaires en parallèle, mais présent et passé pourraient bien être liés. D’autant que Robicheaux est sujet à d’étranges visions : celles de soldats Conférés morts il y a plus de cent ans, et dont la guerre symbolique pourrait ne pas être terminée.

J'ai commencé par aller voir le film une première fois. Enthousiasmé mais pas entièrement satisfait, j'ai ensuite lu le livre, pour revoir le film une seconde fois. Nous avons parlé longuement avec Aloÿsus Abdaloff des deux oeuvres lors d'une émission de la Salle 101, écoutable ici. Je reproduis ci-dessous mon avis sur le film et le livre.

(Les photos du film sont © TFM Distribution et sont reproduites ici dans le seul but d'illustrer ma chronique. Si les ayants-droit le souhaitent, elles seront retirées à leur demande par mail via la page "C'est quoi ce blog")

Le Film

brume_tavernier.jpgGlobalement, le scénario se tient, l’enquête avance à un rythme régulier jusqu’au dénouement, même si l’intrigue avance plus par à-coups (presque par hasard) que grâce à la logique. C’est du coup assez réaliste. Il y a toutefois une certaine langueur, qui n’est pas pour me déplaire, et qui colle parfaitement à l’ambiance du film. Cette langueur tient au fait qu’on colle au personnage de Robicheaux, empêtré dans ces affaires et dans ses propres problèmes personnels, qui remontent pour certains à plus de quarante ans. Mais on ne s’ennuie pas un instant.

Il reste que, à l’évidence, Tavernier a dû opérer des coupes par rapport au livre - on le sent même sans l'avoir lu. Certaines ellipses sont un peu confuses, certains enchaînements manquent de relation de cause à effet. On sent qu’il a voulu condenser en deux heures une intrigue très dense. Notamment, la relation entre les deux affaires est assez floue, les personnages parlent beaucoup par énigmes et le spectateur a du mal à recoller les morceaux. Mais globalement la cohérence est là et l’ensemble est très plaisant.

brume_general.jpgCôté ambiance, c’est très bien fait. On sent la chaleur et la moiteur de l’été en Louisiane, avec les marais et les bayous, la végétation verdoyante… La lumière est bien étudiée, avec un ciel souvent bas, donnant une ambiance assez étouffante. Il y a de très belles images, notamment dans le bayou, avec le soleil rasant la surface de l’eau ou la brume qui est, effectivement, électrique ! Même si on aurait aimé un peu plus de ces magnifiques images, qui sont nettement plus nombreuses dans le livre.

Côté son, l’avis est mitigé : d’un côté on a des musiques cajuns qui collent très bien au film et ajoutent un vrai plus par rapport au livre. D’un autre, on a quelques fois une musique style film d’action qui manquent d’à-propos et qui gâchent un peu certaines scènes. Comme si Tavernier avait voulu dynamiser son film alors qu’il n’en avait pas besoin. Le film aurait presque mérité d'être sans bande son, comme le fut par exemple No Country for Old Men des frères Coen.

brume_sarsgaard.jpgIl reste à parler des acteurs, et là c'est l'un des gros points forts du film : son casting. Tommy Lee Jones en tête : il campe avec perfection Robicheaux, ce policier fatigué, traînant le poids des ans et des souvenirs avec résignation, dans la droite lignée de ces derniers rôles (No Country for Old Men, Trois enterrements, Dans la vallée d'Elah, etc.). John Goodman (The Big Lebowski, O Borther...), en Balboni, impose sa carrure dans un rôle de salaud élevé au rang de dignitaire local par ceux-là même qui voulaient le mettre dehors - mais le fric a ses avantages. Et mention spéciale à Peter Sarsgaard (qu'on avait vu dans Jarhead ou Flight Plan), en Elrod Sykes ivre en permanence, sans en rajouter. Dommage que son personnage n'ait pas été plus exploité, notamment au niveau des points communs qui le lient à Robicheaux.

Au final, sans connaître le livre, Dans la brume électrique est un bon film. Pas très bon, mais suffisamment pour le conseiller. Je ne connais pas le travail de Tavernier en dehors de ce film, mais il est selon moi d'un niveau plus que correct.

 

Le livre

brume_livre1.jpgCe sont les ellipses un peu floues du film qui m'ont donné envie de lire le livre. En le lisant, on se rend compte tout d'abord d’une chose : Tavernier lui a été très, très fidèle. Il reprend les dialogues presque mot pour mot, en se permettant parfois quelques ajouts, mais sans changer le sens des propos. C’est tout à son honneur, car le livre est vraiment excellent.

C’est donc la même histoire, mais beaucoup plus étoffée, en particulier au niveau des personnages. Le roman est à la première personne – c’est Robicheaux le narrateur. On est donc beaucoup plus impliqué. Le style est fluide, très prenant, même si certaines phrases un peu longues apportent un peu de lourdeur. Notamment, Burke se répète pas mal dans les descriptions.

Mais ce sont justement ces descriptions qui font tout le sel du roman. Burke sait décrire des scènes absolument superbes, et pas seulement visuellement : tous les sens y passent, y compris l’ouïe et les odeurs, voire la tension électrique liée à la météo. On sature parfois un peu tellement cette ambiance est prenante, collante, étouffante. C’est du pain béni pour un réalisateur, et sur ce coup-là Tavernier a réussi à rendre l’ambiance en l’épurant un peu pour qu’elle ne soit pas trop étouffante. Mais malgré cette lourdeur parfois, la lecture est envoûtante, le ton contemplatif et mélancolique de Burke nous plonge véritablement dans un autre monde.

Du côté du scénario, le livre est nettement au dessus du film. Déjà parce qu’il prend, évidemment, plus de temps pour exposer la situation, pour démêler les fils de l’enquête. Le sentiment de vide que l’on peut ressentir avec le film disparaît. L’enquête criminelle sur la mort de Cherry LeBlanc va d’ailleurs beaucoup plus loin, avec prostitution et pornographie. C’est nettement plus glauque que dans le film, et le comportement de Robicheaux est souvent limite vis-à-vis de la loi – c’est également le cas dans le film, mais dans le roman l’accent est mis dessus, ce comportement s’explique bien et est une pièce importante du livre. Mais c’est surtout au niveau de l’affaire du lynchage que la différence est la plus flagrante : dans le film on a l’impression que ce n’est qu’un prétexte, une intrigue secondaire. Peut-être Tavernier aurait-il dû carrément l’écarter. Dans le livre, même si là encore le lien avec l’enquête criminelle peut paraître floue (les personnages s’expriment encore plus par énigmes !), l’impact de cette partie sur le personnage de Robicheaux est essentiel. On touche à l’un des thèmes principaux du roman qui apparaît assez peu dans le film : le poids du passé, le fait qu’on n’en a jamais vraiment fini avec lui.

brume_livre2.jpgC’est aussi très visible au niveau du personnage de Rosie Gomez, l’agent du FBI. Dans le film, ce n’est qu’un personnage secondaire, plutôt passif. Dans le livre, elle a une vraie personnalité, elle a ses propres démons, ses propres obsessions, elle aussi est poursuivie par son passé, et du coup une véritable complicité naît entre elle et Robicheaux.

Enfin, la fin du roman, bien que très proche de celle du film, est nettement plus intéressante. L’aspect fantastique de l’histoire – les visions de Robicheaux et de Sykes, dont on ne sait pas vraiment si elles sont réelles ou imaginaires (ce qui est souvent le propre du fantastique) – prend une autre dimension, plus excitante.

Ce livre a été une vraie découverte. Burke montre tous les signes d'un auteur essentiel. Je vais sans hésiter continuer à le lire, et en parelrai sans doute ici. En tout cas, profitez de la réédition du livre en poche, chez Rivages/Noir, si ça vous tente, car les autres livres de Burke sont difficiles à trouver. Espérons que ce nouveau coup de projecteur incite les éditeurs à ressortir ses anciens romans.

Et finissons par l'une des plus belles phrases du roman :

"Peu importe ce que l'adversaire peut te faire, tu rigoles et tu marches dans la fumée des canons. Ca les rend cinglés".

11.05.2009

Les films de février et mars 2009

Je poursuis mon rattrapage pour tenter de recoller à terme à l'actualité...

 

01 février : Espion(s), de Nicolas Saada Stars_2.gif

espion(s).jpgComme je vous le disais dans la dernière note ciné, les films français sur les espions gagnent en maturité et en intérêt. Si Secret défense n'avait pas complètement convaincu, c'est un peu plus le cas de cet Espion(s). Vincent (Guillaume Canet), qui travaille comme bagagiste dans un aéroport, ouvre les bagages pour y piquer des affaires, avec son collègue. Lorsque ce dernier ouvre une malette diplomatique et ouvre un récipient qui lui explose à la figure en le tuant, Vincent se retrouve dans de beaux draps. Il est alors engagé de force par la DST pour surveiller un homme d'affaires londonien dont la femme, Claire (Géraldine Pailhas) est française. Entre Claire et Vincent vont naître des liens qui vont au-delà de l'espionnage.

Voici un film au scénario simple, sans grand suspense, sans enjeu majeur, mais qui parvient à accrocher grâce à une tension permanente. On ne sait jamais ce qui peut arriver. Et le rôle de Vincent est particulièrement bien creusé et joué par Canet. Ce n'est donc pas sur l'intrigue que Saada a mis l'accent mais sur les personnages, ce qui est plutôt bien vu.

 

15 février : Le Bal des actrices, de Maïwenn Stars_2.gif

bal_actrices.jpgSous la forme d'un faux documentaire avec des intermèdes de comédie musicale, Maïwenn part à la recherche du "vrai" visage des actrices françaises. Celles-ci s'amusent à se moquer d'elles-mêmes - elles jouent sous leur vrai nom - Karin Viard en tête, en actrice ayant la grosse tête et tentant de percer sur le larché américain. Entre les jeunes louves plus ou moins prêtes à tout et les actrices chevronnées un peu oubliées, chacune joue avec son image - parfois à mille lieues de ce qu'elles sont vraiment à nos yeux.

Maïwenn en profite pour s'interroger sur son propre rapport avec les actrices et avec elle-même. Difficile parfois de faire la part du vrai et du faux, ce qui laisse planer un doute pas désagréable, même si on est parfois peu intéressé par les interrogations existentielles de la réalisatrice.

On retiendra des numéros d'actrices drôles ou touchants qui donne à réfléchir sur le milieu du cinéma en général.

 

17 février : Yes Man, de Peyton Reed Stars_1.gif

yes_man.jpgIl y a des jours où on a envie de débrancher le cerveau et laisser ses soucis au vestiaire. Alors, on va voir un film avec Jim Carrey. Yes Man raconte l'histoire d'un homme seul, renfermé sur lui-même après son divorce, qui dit non à tout et ne sort jamais. Jusqu'au jour où un vieil ami l'emmène à un séminaire d'autopersuasion, où la règle du jeu est : dire oui à tout. Ce que fait notre homme. Vous vous en doutez, ça va le décoincer, et il va même retrouver l'amooouuuur avec la belle Zooey Deschanel.

Bref, rien de nouveau sous le soleil, un humour basique, un scénario vide, mais bon, on rigole et c'est ça qui compte.

 

18 février : La Panthère rose 2 (The Pink Panther 2), de Harald Zwart Stars_1.gif

panthere2.jpgToujours dans la période "envie de voir des films débiles", et ça tombe bien, La Panthère rose 2 en est un. On retrouve l'inspecteur Clouzeau, à la tête d'une équipe composée de meilleurs enquêteurs internationaux, pour retrouver un cambrioleur qui s'attaque, une nouvelle fois, à l'inestimable diamant.

Très con, l'humour du film fait quand même rire. Dommage que Steve Martin ne soit vraiment pas adapté au rôle.

 

28 février : The Wrestler, de Darren Aronofsky Stars_3.gif

wrestler.jpgAprès The Fountain, l'attente du nouveau Aronofsky fut longue. Longue mais récompensée. À mille lieues du précédent, The Wrestler met en scène un catcheur proche de la soixantaine (Mickey Rourke, sublime), ancienne star des rings, qui vivote désormais de petits combats de province, parfois à la limite de l'humain - les spectateurs demandant toujours plus de coups et de sang. Avec pour seule amie une strip-teaseuse elle aussi en fin de carrière (Marisa Tomei, superbe), il survit. Jusqu'au jour où son corps le lâche et qu'il fait une attaque. On lui dit qu'il doit arrêter. Pas facile quand on n'a fait ça toute sa vie...

Tourné avec peu de moyens, The Wrestler s'en sort admirablement bien. Caméra numérique à l'épaule, Aronofsky arrive à composer une image magnifique, filmant souvent les personnages de dos, comme si leur vie était derrière eux. Rourke joue à merveille cet homme perdu, dont les seuls repères s'écroulent. Touchant, allant au bout de lui-même, coincé entre un passé glorieux, un présent miteux et un avenir plus qu'incertain, il va tenter de donner un nouveau sens à sa vie, notamment avec la strip-teaseuse, son miroir féminin - leur relation est la plus grande réussite du film.

Même si l'on n'aime pas le catch (ce qui est mon cas), c'est tout simplement magnifique.

 

28 février : Gran Torino, de Clint Eastwood Stars_2.gif

gran_torino.jpgAnnoncé comme le meilleur Clint Eastwood, Gran Torino raconte l'histoire d'un vieil homme, vétéran de la guerre de Corée, qui vient de perdre sa femme. Eloigné de ses fils, profondément misanthrope voire raciste, dans un quartier coréen gangréné par les gangs, il va se lier d'amitié avec un jeune coréen ayant tenté de lui voler sa Ford Gran Torino. Ce sera peut-être pour lui le moyen de racheter des fautes qui le hantent.

Gran Torino est certes un bon film, mais certainement pas le chef d'oeuvre encensé par la critique. La faute à ce personnage joué par Eastwood, stéréotypé à mort, dont le changement de comportement paraît peu naturel. Certes, Eastwood prend finalement le contre-pied des rôles qui lui ont collé à la peau et qui l'ont amené à se faire traiter de facho. Mais l'ensemble manque de crédibilité.

 

11 mars : Marley & moi (Marley & Me), de David Frankel Stars_2.gif

marley.jpgEncore un film a priori débile, où la bande-annonce nous montre un jeune couple adoptant un chien, le mari ayant peur d'avoir des enfants. Cette bande-annonce nous montre les bêtises qu'enchaîne le labrador appelé Marley.

Sauf que Marley & moi n'est pas un film sur Marley. C'est un film sur un homme (Owen Wilson), journaliste, qui se retrouve coincé en tant que chroniqueur dans un journal local, loin de ses rêves de grand reporter. C'est un film sur les concessions qu'il faut faire pour réussir sa vie de couple (qu'elles soient faites par lui ou sa femme (Jennifer Aniston), également journaliste, et qui décide d'élever ses enfants). Loin d'être une histoire (de) bête, Marley & moi se révèle plutôt touchant, drôle bien sûr, mais posant de bonnes questions sur la vie en général. C'est inspiré d'une histoire vraie et ça se sent, car il n'y a pas de scènes abracadabrantes dont le seul but serait de faire rire le spectateur. Plutôt une bonne surprise, au final.

 

22 mars : L'Enquête - The International (The International), de Tom Tykwer Stars_2.gif

enquete.jpgTom Tykwer, l'excellent réalisateur allemand de Cours, Lola, cours, remarqué par les studios américains, passe au film d'espionnage. On y voit Clive Owen et Naomi Watts en enquêteurs d'Interpol cherchant à faire tomber les dirigeants d'une entreprise qu'ils soupçonnent, entre autres, de financer des groupes armés. Ils vont devoir se battre contre un système tentaculaire qui remonte jusqu'à leur hiérarchie, parfois en sortant des limites de la loi.

Un bon film, avec suffisamment de tension, de suspense, sans grande originalité ni retournements de situation exceptionnels, mais qui fonctionne efficacement.

 

29 mars : Watchmen - Les Gardiens (Watchmen), de Zack Snyder Stars_4.gif

watchmen.jpgN'ayant pas (encore) lu la BD originale, j'allais voir le film sans a priori - je n'avais même pas vu la bande annonce. Eh ben, quelle claque ! Après un générique absolument sublime, tant sur le fond que sur la forme, on entre dans cette histoire de super-héros oubliés, presque ringardisés, avec une force incroyable. Visuellement magnifique, le film navigue entre le présent et et le passé de ces héros que quelqu'un cherche visiblement à éliminer. On retiendra particulièrement les personnages de Rorschach ou Le Comédien, pleins d'ambiguité, comme leur rôle de sauveurs qui leur fait parfois suivre des causes contestables - comme participer à la guerre du Vietnam ou réprimer des manifestations. Leur humanité est constamment remise en cause (notamment celle de Docteur Manhattan), par ceux qu'ils doivent sauver et par eux-mêmes, et la notion de bien ou de mal devient floue, voire inexistante.

Le film n'en oublie pas pour autant l'action, qui n'empêche pas ici la réflexion. Subtil mélange. On regrettera quand même le choix de certains acteurs qui ne semblent pas trop à leur place, comme Malin Ackerman en Laurie ou Matthew Goode en Ozymandias.

Au final le film est une vraie réussite - qui semble avoir globalement séduit les fans du comic - et donne fortement envie de lire la BD d'origine.

01.05.2009

Les films de décembre 2008 et janvier 2009

Nous sommes le 1er mai, il n'y a rien à faire, mes voisins font des travaux et il n'y a même pas de snooker à la télé. Alors, si je rattrapais un peu mon retard en terme de ciné, hein ? Bon ok, ça ne servira pas à grand chose (quoique, les films de décembre commencent à sortir en DVD :)), mais c'est pour la beauté du sport... Bon, je vous préviens, ma mémoire étant une passoire, je n'aurai pas grand chose à dire la plupart du temps... mais je vais essayer de me creuser les méninges !

 

06 décembre : Vick Christina Barcelona, de Woody Allen Stars_3.gif

vicky.jpgLe dernier Woody Allen est toujours (pour moi) un événement, car j'adore ce qu'il fait en général (je parle de ses films récents, j'ai assez peu vu ses anciens films). C'est aussi générateur de doute : est-ce que je ne vais pas finir par me laisser ? Car il faut bien avouer qu'il innove assez peu. Toutefois, la veine un peu polar qu'avait pris ses films "anglais" (Match Point, Scoop, et Le Rêve de Cassandre) m'avait beaucoup plu.

Changement de registre avec Vicky Christina Barcelona. Comme le laisse entendre le titre, le film se passe à Barcelone, où deux amies, Vicky et Christina, passent quelques jours de vacance. La première (Rebecca Hall) est sur le point de se marier avec un homme bien sous tout rapport. Pour elle, l'amour est quelque chose de plutôt rationnel, tout doit être bien défini et clair. La seconde (Scarlett Johansson) est plus instinctive et cède facilement à ses envies. Elles rencontrent dans un restaurant Juan Antonio (Javier Bardem), peintre charmeur, qui leur propose une virée à Oviedo pour profiter du week-end... et de l'amour. Vicky, choquée, et Christina, séduite, acceptent le voyage.

C'est peut-être l'un des films les plus sensuels de ces dernières années. Allen parvient à installer une ambiance de séduction, à la limite de l'érotisme (voir la scène dans le labo photo), sans être vulgaire. Le fond - les interrogations de deux femmes sur l'amour - est assez banal, mais comme toujours Allen nous convainc avec des personnages forts, complexes (mention spéciale à Javier Bardem), et un ton qui reste léger. Un excellent moment.

 

04 janvier : Burn After Reading, de Joel et Ethan Coen Stars_2.gif

burn_after_reading.jpgDeuxième film de l'année pour les frères Coen après No Country for Old Men, avec un retour à la comédie gentillette mais pas exceptionnelle. Deux employés d'une salle de sport croient avoir mis la main sur des informations top secret qu'ils veulent revendre aux services secrets russes. L'agent américain ayant perdu ces informations vient d'être rétrogradé et cette perte est une épine de plus dans une vie qui lui échappe - sa femme, autoritaire, le trompe. Tout ceci va se finir dans le sang, mais comme toujours, avec humour.

Si les personnages sont déjantés à souhait, le scénario manque de punch. On a affaire à un film qui rappelle Fargo dans l'esprit mais qui n'en a pas toutes les qualités. Cela reste un bon film malgré cela.

 

09 janvier : Madagascar 2, de Erci Darnell et TomMcGrath Stars_2.gif

madagascar2.jpgSi vous avez aimé le premier, vous aimerez sans doute aussi celui-ci, qui reprend les mêmes personnages : Alex le lion, Marty le zèbre, Melman la girafe et Gloria l'hippopotame, sans oublier les quatre pingouins déjantés. Ce sont eux qui ont permis aux quatre amis de quitter la jungle pour regagner New York, en retapant un avion. Sauf que celui-ci s'écrase rapidement en pleine brousse. C'est l'occasion pour les animaux du zoo de rencontrer leurs familles sauvages.

Toujours techniquement très beau, le film conserve un scénario convenu. Peu de nouveautés, mais on rigole toujours autant, notamment devant les facéties des pingouins.

 

10 janvier : Secret défense, de Philippe Haim Stars_2.gif

secret_defense.jpgDepuis quelque temps, les films d'espionnage français commencent à avoir un peu plus de pêche, n'hésitant pas à critiquer les organes du pouvoir et du renseignement en montrant l'inhumanité avec laquelle les institutions traitent leurs employés. C'est le cas ici avec Secret défense, où Alex (Gérard Lanvin) est instructeur à la DGSE. Il recrute Diane (Vahine Giocante) pour une mission visant à stopper le terroriste Al Barad (Simon Abkarian). Ce dernier recrute également un jeune homme perdu (Nicolas Duvauchelle) qui trouve dans sa conversion musulmane un nouveau sens à sa vie.

Si le film semble très réaliste sur la DGSE et ses méthodes borderline, son scénario est un peu trop rapide, on a du mal à tout comprendre, et la résolution finale retombe un peu à plat après la tension constante que Haim a su insuffler à tout le film. Il aurait pu être très bon, il se contente d'être bon, ce qui n'est pas si mal.

 

11 janvier : The Spirit, de Frank Miller Stars_2.gif

spirit.jpgAprès avoir été crédité en tant que co-réalisateur de Sin City, Frank Miller se lance en solo dans la réalisation, en adaptant un comic de Will Eisner. Pas de toute, on voit à quelle école Miller s'est formé pour le cinéma : son film a exactement la même identité visuelle que Sin City. Ce qui n'est pas un mal. Si la recette est un peu moins bien exécutée, elle reste efficace : une ville sombre, un héros solitaire dont la voix off berce le film, une histoire de gentil et de méchants... Si on aime le genre, The Spirit est plutôt réussi.

Le début peut pourtant laisser sceptique pour qui ne connaît pas la BD originale : Miller hésite entre le ton de Sin City et un ton beaucoup plus léger, à la limite de l'autodérision. Et les combats entre The Spirit et son ennemi paraissent exagérés (mais peut-être est-ce comme cela dans le comic). Mais on se fait finalement vite à cette approche et on finit par apprécier le film pour ce qu'il est : une histoire très simple de bon et de méchant dans un univers visuellement superbe.

 

17 janvier : Australia, de Baz Luhrmann Stars_2.gif

australia.jpgVoici la fresque tant attendue du réalisateur de l'excellentissime Moulin Rouge. Beaucoup d'attente pour ce film dont la bande annonce était très alléchante. On sait Luhrmann capable de dépasser la banalité des histoires d'amour pour en faire de véritables tragédies.

Dommage qu'ici, cette dimension attendue ne soit pas au rendez-vous. Le film reste beau - superbes paysages australiens -, haletant - la guerre intervenant dans une histoire d'éleveurs de bétail, avec nature ancestrale à la clé - mais n'atteint pas les sommets escomptés. Nicole Kidman et Hugh Jackman livrent une prestation honnête mais ne sont pas éblouissants. Australia reste une jolie fresque, mais c'est tout est c'est un peu dommage.

 

25 janvier : Slumdog Millionaire, de Danny Boyle Stars_4.gif

slumdog.jpgIl est un peu tard pour parler de ce film qui a fait le tour du monde et remporté l'Oscar du meilleur film 2009. Mais c'est véritablement un chef d'oeuvre ! J'ai toujours aimé Danny Boyle - enfin, plus ou moins, le moins se situant dans La Plage et Sunshine - et là il ne m'a pas déçu.

L'histoire est celle d'un jeune indien issu des bidonvilles qui participe à l'émission Qui veut gagner des millions. Et, chose incroyable, il répond au fur et à mesure à toutes les questions, alors qu'il n'est pas censé être cultivé. Le Jean-Pierre Foucaud local commence à se poser des questions : le jeune homme triche-t-il ? C'est ce qu'on va découvrir en suivant en flashbacks la courte vie du garçon, dont les aléas vont le pousser à connaître des choses insignifiantes qui lui permettront, peut-être, de gagner vingt millions de roupies.

Visuellement superbe - on est habitué avec Boyle - Slumdog Millionaire est aussi une histoire magnifique. Sans misérabilisme, elle nous montre la vie d'un garçon défavorisé, abandonné, manipulé, qui va tout faire pour s'en sortir. C'est à la fois une hymne à la vie, au courage, mais sans violons, et l'apologie des petites expériences qui semblent insignifiantes sur le moment mais qui peuvent avoir de l'importance bien plus tard. Rythmé, bien joué, beau, Slumdog Millionaire ne nous lache pas une minute, et on reste pendu au suspense qui verra, ou non, le jeune homme gagner au jeu et retrouver, peut-être, la femme qu'il aime. Grandiose.

 

31 janvier : King Guillaume, de Pierre-François Martin-Laval Stars_1.gif

king_guillaume.jpgPierre-François Martin-Laval, alias Pef des Robins des Bois, avait montré une certain sensibilité dans son premier film, Essaye-moi. On retrouve l'univers décalé de cet homme lunaire, fils spirituel de Pierre Richard (qui joue d'ailleurs dans le film), dont les personnages font preuve d'une naïveté touchante dans un monde un peu trop dur pour eux.

Guillaume est un homme simple qui conduit le train touristique d'une petite ville. Sa femme (Florence Foresti) est enceinte et ils ont du mal à joindre les deux bouts. Jusqu'au jour où on leur annonce qu'ils sont les héritiers d'un royaume insulaire. Mais quand Guillaume débarque sur l'île, il doit se rendre à l'évidence : elle fait quelques mètres carré, il n'y a que six habitants et pas un sou dans les caisses. Au temps pour la vie de château à laquelle il s'attendait.

Malgré toute l'affection que j'ai pour Pef, le film manque clairement de quelque chose : un vrai scénario. Il ne se passe pas grand chose, on a du mal à se sentir impliqué par cette histoire, au-delà du pitch sympathique et des personnages tous plus loufoques les uns que les autres. Voilà, c'est ça : sympathique, mais peut-être pas de quoi en faire un film. À noter tout de même la musique composée par Emily Loizeau, dont je vous reparlerai un jour.

 

Bon voilà, je m'en suis sorti et en plus, maintenant, il y a du snooker à la télé. Il me reste février, mars et avril, je vais essayer de faire ça dans le week-end...

29.01.2009

Les films de novembre 2008

Ca commence à devenir une habitude : je suis très en retard... Je me demande si ça a encore un sens d'en parler, alors mes commentaires vont être très courts...

 

06 novembre : Quantum of Solace, de Marc Forster Stars_3.gif

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Suite directe de l'épisode précédent (Casino Royale), Quantum of Solace continue sur la même voie : un Bond plus sombre, plus intériorisé ; des combats plus bruts, avec bien sûr quelques explosions mais sans en faire une overdose ; et un scénario globalement crédible, moins extravagant que ceux de la période Brosnan.

Sur la piste de ceux qui ont tué Vesper dans Casino Royale, Bond met à jour une organisation criminelle jusqu'ici inconnue des services secrets britanniques. Une organisation qui a même infiltré ces services au point de mettre en danger la vie de M. Bond n'aura de cesse de la démanteler, partagé entre son devoir et son désir de vengeance.

Un très bon opus, efficace, relativement sobre (ça reste un Bond, quand même), qui contribue à replacer la série sur de bons rails.

 

08 novembre : Mesrine : L'Instinct de mort, de Jean-François Richet Stars_3.gif

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Ne connaissant pas la vie et l'oeuvre de ce criminel des années 70, j'y suis surtout allé pour l'affiche. Très bonne surprise que ce film, avec un Cassel vraiment impressionnant (on regrettera juste le coton dans la bouche pour les grossir, on n'y croit pas vraiment).

Côté histoire, comme il fallait s'y attendre, c'est un peu décousu : il a fallu raccourcir plusieurs années en deux heures, ça provoque des transitions un peu abruptes. Mais à part ça, le film est captivant, violent mais réaliste, et la fascination que l'on ressent pour le personnage est plutôt... gênante.

Les autres acteurs sont également très bons, comme Cécile De France.

 

09 novembre : Hellboy 2, les légions d'or maudites (Hellboy II : The Golden Army), de Guillermo Del Toro Stars_1.gif

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On se demande parfois pourquoi on se laisse à aller voir la suite d'un film qu'on avait détesté. La bande-annonce très esthétique y est sans doute pour quelque chose, mais au final, pas de surprise : Hellboy 2 est une grosse bouse. Un scénar invraisemblable, des personnages creux, seule l'esthétique sauve ce film du zéro pointé.

 

09 novembre : Bouquet final, de Michel Delgado Stars_2.gif

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Petite comédie française sans prétention et sans grande surprise. On rigole pas mal devant les déboires d'un croque-mort et de son jeune apprenti, l'idée est plutôt originale et les jeux de mots morbides pleuvent. L'intérêt est surtout de voir Marc-André Grondin, jeune acteur québecquois qui avait percé l'écran dans C.R.A.Z.Y.

 

15 novembre : Mes stars et moi, de Laetitia Colombani Stars_2.gif

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Tourné avant la sortie des Ch'tis, ce film aura sans doute bénéficié de l'aura de Kad Merad (sauf pour ceux qui ne le supportent plus...). Il jour le rôle d'un fan un peu trop attachant de trois actrices, dont il parvient, grâce à son emploi d'homme de ménage chez un agent artistique, à orienter la carrière. Mais les trois femmes en ont marre et décident de se venger.

Rien d'exceptionnel, c'est plus du téléfilm que du cinéma, mais c'est assez sympathique.

 

16 novembre : Mensonges d'état, de Ridley Scott Stars_3.gif

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Après son chef d'oeuvre American Gangster, Ridley Scott s'attaque à un sujet en vogue : les services secrets américains et leur guerre contre le terrorisme. Roger Ferris (Leonardo DiCaprio) est un agent de terrain chargé de traquer un terroriste jordanien. Il est aidé à distance par Ed Hoffman (Russell Crowe), vétéran de la CIA, dont il ne sait pas s'il l'aide ou le manipule. Il devra obtenir le concours des services secrets jordaniens pour parvenir à ses fins.

Sans atteindre l'excellence d'American Gangster, Scott nous livre un nouveau très bon film, emprunt d'une tension permanente et qui ne cherche pas vraiment à jouer les moralisateurs (difficile de savoir si Scott approuve ces méthodes/cette guerre ou non). Le film vaut essentiellement par la prestation de DiCaprio, décidément à l'aise dans ce genre de rôle après Les Infiltrés ou Blood Diamond.

 

22 novembre : J'irai dormir à Hollywood, de Antoine de Maximy Stars_3.gif

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Vous connaissez peut-être la série documentaire J'irai dormir chez vous, d'Antoine de Maximy, qui fait les beaux jours de la chaîne Voyage. Le principe : de Maximy par avec deux caméras et son sac à dos dans des pays plus ou moins accueillant, avec pour but de découvrir le mode de vie des habitants en s'invitant chez eux. C'est frais, intéressant, instructif, et terriblement original. L'auteur a décidé de passer au long métrage avec un but en tête : dormir chez une star hollywoodienne. En partant de New York, il traverse tous les Etats-Unis, en transport en commun ou à bord d'un vieux corbillard racheté et repeint. Il rencontre toutes sortes de gens, d'un futur prisonnier à des indiens parqués dans une réserve.

Attention, ce type est fou. On se demande comment il fait pour être encore vivant. Dès qu'il y a un coin bien louche qu'on lui conseille d'éviter, il fonce dedans. Témoin son passage à la Nouvelle-Orléans, véritable moment de tension du film. Certes, il en joue, provoque et n'hésite pas à utiliser une petite musique stressante. C'est un peu gros comme procédé, mais ça marche, car au-delà de la tension qui en résulte, il nous montre des choses qu'on ne voit jamais aux infos.

Bref, c'est un excellent film, et peu importe s'il atteint son but ou non. Les rencontres qu'il fait sont toutes plus passionnantes les unes que les autres, parfois poignantes, parfois tristes, parfois joyeuses, mais on en tire toujours quelque chose. Une vraie réussite.

 

23 novembre : La très très grande entreprise, de Pierre Jolivet Stars_2.gif

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Après Ma petite entreprise (que je n'ai pas vu), Pierre Jolivet revient dans le thème du monde du travail. Trois employés d'une très grande entreprise sont licenciés pour "raisons économiques". Après avoir obtenu de petites indemnités, ils décident que ce n'est pas assez et tentent d'infiltrer le siège de leur ancienne société pour trouver des preuves autour d'un scandale écologique - et faire raquer les patrons.

Le trio Roshdy Zem / Marie Gillain / Jean-Paule Rouve fonctionne plutôt bien dans cette satire sociale bien dans l'air du temps. C'est un peu gros par moment, mais le côté pieds-nickelés des personnage est très sympathique.

 

30 novembre : Mesrine : L'Ennemi public n°1, de Jean-François Richet Stars_3.gif

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Pas grand chose à ajouter par rapport au premier opus. Celui-ci est la suite directe et dans la même lignée. On notera juste la présence divine de Ludivine Sagnier.

12.12.2008

Les films d'octobre 2008

Je suis en retard, en retard, en retard !...

 

12 octobre : Blindness, de Fernando Meirelles Stars_3.gif

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Le réalisateur de La Cité de Dieu (2003) et de The Constant Gardener (2005, excellent film avec Ralph Fiennes) revient avec un film fantastique où un virus (ou quoique ce soit d'autre, on n'en saura pas plus) provoque une épidémie globale de cécité. Seule une femme semble immunisée. Elle se retrouve en qurantaine avec son mari et un certain nombre d'autres malades, sans savoir ce qui se passe à l'extérieur. Abandonnés à eux-mêmes, ils organisent une micro-société dans les dortoirs, dont certains veulent profiter.

Louons tout d'abord la réalisation et la photo du films, très maîtrisées et adaptées à cette histoire claustrophobique et désaturée. Meirelles joue sur la luminosité plus que sur la couleur pour accentuer l'expérience que vivent les protagonistes.

Côté scénario, ça commence très bien. Même si la quarantaine des malades semble artificielle (on ne comprend pas trop pourquoi ils sont abandonnés dans des conditions aussi déplorables), elle génère des comportements nouveaux, une adaptation sociale très intéressante. Dommage que Meirelles aille aussi loin dans l'abus de pouvoir de certains personnages. Il a sans doute voulu pointer le caractère indéniablement mauvais de l'espèce humaine, mais c'est un peu too much. Heureusement, la fin redevient réaliste et très bien vue, à la limite de la métaphore utopique.

 

13 octobre : Appaloosa, de Ed Harris Stars_2.gif

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Virgil Cole (Ed Harris) et Everett Hitch (Viggo Mortensen) sont engagés par les notables d'Appaloosa pour y faire régner la loi, et notamment lutter contre Randall Bragg (Jeremy Irons), qui a assassiné l'ancien shériff. Au milieu de tout ça, arrive en ville Allie (Renee Zellweger), qui attire l'attention de Cole.

Ed Harris retrouve Viggo Mortensen après A history of violence pour un western de facture classique mais plutôt bien mené. Rien d'exceptionnel dans le scénario ni dans la réalisation, mais des personnages (Cole et Hitch) taciturnes et charismatiques, très bien incarnés, qui changent des clichés du genre.

 

17 octobre : Tonnerre sous les tropiques (Tropic Thunder), de Ben Stiller Stars_3.gif

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Accrochez-vous bien, gros gros délire garanti ! Déjà, on démarre avec de fausses bandes annonces parodiques mettant en scène les acteurs qui seront les personnages du nouveau film de Ben Stiller. Ensuite, on plonge dans l'histoire : celle d'un film sur une bataille pendant la guerre du Vietnam, avec les acteurs les plus en vue du moment : un crack des films d'action, un chanteur de rap qui fait dans la pub, un acteur de films gras et LA star à Oscars du moment. Mais le tournage ne va pas se passer comme prévu et, pour stimuler ses comédiens, le réalisateur va les mettre (involontairement) dans les pattes de véritables trafiquants de drogue.

On se marre d'un bout à l'autre devant les pitreries de Stiller et de sa bande. Certes, c'est de l'humour pas toujours très fin, mais ça fait du bien de lâcher les élastiques de temps en temps. D'autant plus que le scénario n'a rien d'insignifiant et est plutôt cohérent. Une vraie bonne pilade.

 

19 octobre : Le crime est notre affaire, de Pascal Thomas Stars_1.gif

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Retour des héros bien sympathiques de Mon petit doigt m'a dit, avec cette nouvelle adaptation d'Agatha Christie. Malheureusement, cette fois-ci le coeur n'y est plus : si les personnages sont toujours aussi attachant, le scénario (la tante de Prudence est persuadée d'avoir vu un criime dans un train) n'est pas à la hauteur et les situations perdent en intensité et en crédibilité.

 

26 octobre : Tokyo!, de Michel Gondry, Leos Carax et Joon-ho Bong Stars_3.gif

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Trois moyens métrages autour de la ville de Tokyo. Le premier, Interior Design de Michel Gondry, voit deux jeunes japonais chercher à s'installer à Tokyo. Squattant chez une amie, ils tentent de trouver un travail, mais pour des artistes ce n'est pas forcément évident. Le second, Merde de Leos Carax, montre une espèce de clochard monstrueux terroriser Tokyo. Un avocat français servira d'interprète pour cette homme lorsqu'il sera traduit en justice. Le troisième, Shaking Tokyo de Joon-ho Bong, parle des hikikomori, ces jamonais qui vivent reclus chez eux sans jamais en sortir. L'un d'eux se trouve tenté de sortir après avoir rencontré une jolie livreuse de pizzas.

Le film de Gondry mérite ses quatre étoiles. Plus sobre au niveau réalisation que les autres films de Gondry, il porte une dimension sociale très intéressante, sur la difficulté de trouver un travail et, plus généralement, une place dans la société. Vraiment très beau.

Celui de Carax mérite bien son nom... Complètement nul, inintéressant, chiant, trop long, stupide... et surtout complètement hors de propos (cela aurait pu se passer n'importe où ailleurs), sauf si l'on part du principe que Leos Carax en veut personnellement aux japonais, ce qui semble être le cas (mais bon, laissons-lui le bénéfice du doute). Bref, si vous voulez aller pisser pendant la séance, profitez de cette Merde.

Heureusement, Shaking Tokyo rattrape le coup, d'une manière tout simplement magnifique. Très doux, subtil, attaché aux détails visuels et sonores (et même tactiles), Joon-ho Bong réalise un petit chef d'oeuvre, à l'image ultra soignée (avec de magnifiques jeux de profondeur de champ), à l'histoire romantique mais pas mièvre, avec des éléments d'anticipation discrets mais frappants. Sans doute le film le plus merveilleux depuis très, très longtemps, malgré sa courte durée. Quatre étoiles aussi, même dix si c'était possible. En tout cas de quoi donner à Tokyo! tout son intérêt (avec le Gondry), calmant de justesse la colère qui nous prend devant l'excrément de Carax.

20.10.2008

Les films de septembre 2008

Nouvelle baisse de régime ce mois-ci, mais il y avait des choses nettement plus intéressantes à faire et préparer : des mariages, des baptêmes... On se rattrapera le mois prochain !

 

18 septembre : Le Premier jour du reste de ta vie, de Rémi Bezançon Stars_3.gif

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Malgré une bande annonce convenue, le film se révèle très sympathique, très bien articulé et assez touchant. On y suit l'évolution d'une famille banale sur plusieurs années, avec les problèmes que toutes les familles connaissent et les concessions que chacun doit faire pour continuer à vivre en bonne harmonie. Le scénario n'a rien d'exceptionnel mais reste étonnamment pudique pour un sujet qui aurait pu donner lieu à des couches de pathos dégoulinant. Du coup on est vraiment happé par cette histoire simple, qui nous rappelle forcément des moments de notre vie. Les acteurs sont tous très bons, ainsi que la BO.

Le film rappelle pas mal C.R.A.Z.Y., film québecquois de Jean-Marc Vallée traçant également une saga familiale centré sur l'un des fils. Belle confirmation pour Rémi Bezançon, qui nous avait déjà interpellé avec Ma vie en l'air, avec Vincent Elbaz, qui sort du lot des films de trentenaires.

 

20 septembre : Rien que pour vos cheveux (You Don't Mess with the Zohan), de Dennis Dugan Stars_2.gif

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Zohan est un agent secret israëlien, héros de son pays luttant contre les terroristes. Mais il en a marre de cette vie de combats. Alors il largue tout pour partir aux USA et devenir... coiffeur !

Archétype du film complètement con, mais drôle et délirant. Avec bien sûr un message classique de tolérance et d'amour, mais plutôt bien amené.

 

22 septembre : Max la menace (Get Smart), de Peter Segal Stars_2.gif

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Autre film con immanquable pour qui veut débrancher ses neurones. Max travaille comme analyste pour les services secrets, mais il ne rêve que d'une chose : partir sur le terrain. Ce qu'il sera amené à faire pour enrayer une tentative terroriste. Mais Max, s'il a du talent, n'en est pas moins terriblement maladroit...

Rien d'autre à dire à part qu'on rigole bien, il y a d'excellents gags et l'ensemble fonctionne plutôt bien.

 

29 septembre : Parlez-moi de la pluie, de Agnès Jaoui Stars_3.gif

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Nouveau film du duo Jaoui-Bacri (même si seule Jaoui est à la réalisation), avec un acteur que l'on ne pensait pas voir dans ce genre de films : Jamel Debbouze, à l'aise et talentueux dans cet univers. On y suit deux documentaristes, Michel (Bacri) et Karim (Debbouze) tournant un reportage sur une femme politique, Agathe (Jaoui). Sachant que Karim est le fils de la bonne de la famille d'Agathe...

Encore une fois, sur un scénario impeccable, le duo crée un film humain, servi par des acteurs parfairs. Pas vraiment nouveau, mais c'est toujours un plaisir de les retrouver. Surtout que pour une fois, Bacri ne fait pas trop son Bacri !

13.10.2008

Les films d'août 2008

Bon, ok, ça sent un peu le moisi cette rubrique, j'ai un peu laissé pourrir le mois d'août... Je le déterre aujourd'hui parce que bon, quand même, hein, mais je vais faire ça rapidement parce que bon, quand même, hein.

 

1 août : X Files - Régénération (The X-Files : I Want to Believe), de Chris Carter Stars_2.gif

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Voici le retour de Mulder et Scully, le duo le plus célèbre du FBI. Scully a laissé tombé les enquêtes aux frontières du réel pour se consacrer à la médecine. Mulder, lui, reste prostré chez lui, recherché par les autorités. Mais suite à la disparition d'un agent fédéral dans d'étranges conditions, Mulder et Scully sont de nouveau sollicités. Ils sont guidés dans leur enquête par un homme qui prétend être medium.

Après tant d'années, revenir à une série dont les derniers épisodes perdaient un peu de vue l'histoire d'origine était risqué. Surtout après le premier film, qui avait donné pas mal de réponses aux interrogations existentielles de Mulder sur une vie extraterrestre. Ce deuxième opus cinématographique revient aux fondamentaux : une simple enquête où le surnaturel pointe le bout de son nez, sans replonger dans la paranoïa de Mulder. Cela va sans doute décevoir du monde mais moi, j'ai plutôt aimé se retour à quelque chose de simple et efficace. D'autant plus que la relation entre Mulder et Scully est enfin traitée dans le détail, donnant tout son intérêt pour les fans de la série.

Bref, un film pas exceptionnel mais réussi.

 

2 août : L'Incroyable Hulk (The Incredible Hulk), de Louis Leterrier Stars_2.gif

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Voir Edward Norton s'afficher dans l'habit du géant vert n'était pas pour me réjouir : mais qu'est-ce que l'acteur le plus doué de sa génération allait donc faire dans cette galère dont le premier film jetait la honte sur le cinéma de super héros ? Enfin, vu le casting (Norton, Liv Tyler, Tim Roth), l'effort de se déplacer dans une salle de ciné valait peut-êter le coup...

Eh bien oui. Si ce Hulk reste, du point de vue des effets spéciaux et des scènes d'action, d'un intérêt plus que douteux, l'incarnation du personnage par Norton est très réussie. Sa relation avec le personnage joué par Liv Tyler également, ce couple faisant tout l'intérêt du film. Le scénario, classique, est quand même mieux mené que celui du premier film et se termine par une ouverture plutôt jubilatoire pour qui a suivi les films de super héros de ces derniers mois. Prometteur pour la suite, donc.

 

3 août : Surveillance, de Jennifer Chambers Lynch Stars_1.gif

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Il ne suffit pas d'être la fille de David Lynch pour faire un bon film. La preuve. Surveillance n'est qu'une banale histoire de psychopathe que le cinéma américain affectionne tant, complètement prévisible et parfaitement ennuyeuse. La seule chose qui sauve le film du zéro pointé est sa photo, très réussie.

 

4 août : Wall.E, de Andrew Stanton Stars_3.gif

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Un petit robot nettoyeur semble être la dernière chose en activité sur la planète Terre. Les hommes ont fui leur berceau à cause de la pollution et des tours de déchets qui s'amoncellaient. Wall-E est donc seul, jusqu'à ce qu'une jolie robot venue de l'espace rompt la monotonie de son existence...

Lorsque les studios auront le courage ou la volonté de faire sortir le film d'animation de son carcan de cinéma familial, on pourra leur attribuer quatre étoiles. En attendant, on se contentera de trois pour ce film magnifique et très inventif, techniquement irréprochable, qui aborde le sujet de l'écologie avec réussite. On regrettera juste son côté inévitablement cucul, qui n'est pas forcément déplaisant mais qui, à force de ne voir que ça dans le cinéma d'animation, finit par agacer un peu.

 

7 août : La Momie : La Tombe de l'Empereur Dragon (The Mummy : Tomb of the Dragon Emperor), de Rob Cohen Stars_1.gif

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Pas grand chose à dire sur ce film pop-corn que l'on va voir pour se reposer les neurones. La formule est identique aux deux premiers, on saupoudre d'un peu de bons sentiments et de beaucoup d'action, et le tour est joué. Seul truc vraiment agaçant : le jeu de Mari Bello, insupportable. Elle ferait mieux de se contenter des bons films, où elle est d'habitude superbe. Quant à Brendan Fraser, comme on ne peut pas vraiment parler de "jeu", la question ne se pose pas...

 

15 août : The Dark Knight, Le Chevalier Noir (The Dark Knight), de Christopher Nolan Stars_3.gif

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Le tour que prend la série depuis Batman Begins est particulièrement intéressant : moins de fantaisie, plus de réalisme, d'obscurité, et un héros à la limite du côté obscur... Un tour que confirme ce Dark Knight, très réussi, nous plongeant dans une ambiance prenante avec des personnages exceptionnels. Le Joker en tête, véritable incarnation de la folie, auquel le regretté Heath Ledger a donné corps comme personne auparavant n'avait incarné un méchant. Juste phénoménal.

C'est donc à une lutte sans merci entre le Bien et Mal que nous assistons, sachant que ni l'un ni l'autre ne sont clairement définis. On notera aussi l'excellente performance de Aaron Eckhart en Harvey Dent, ambigu à souhait.

Bref, un must pour les fans du genre.

 

16 août : Les Dents de la nuit, de Vincent Lobelle et Stephen Cafiero Stars_1.gif

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Un film con à la française sur fond de vampires. Inintéressant, mais assez drôle pour déconnecter le cerveau.

 

17 août : Gomorra, de Matteo Garrone Stars_3.gif

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En Italie, dans une banlieu où la misère sévit, la Camorra, organisation criminelle, fait la loi. Une loi sans pitié qui n'hésite pas à sacrifier ses anciens serviteurs. Une loi qui se fiche des hommes et des femmes, qui ne regarde que le profit. Une loi qui embarque tout le monde dans son engrenage, même les plus jeunes. On suit ainsi plusieurs histpoires parallèles qui se croisent, entre ceux qui tentent de s'en sortir et ceux qui ne rêvent que de puissance.

Attention film choc. Par son sujet, extrêmement dur, impitoyable. Par sa réalisation, caméra portée, qui ne laisse aucun moment de repos au spectateur, le laissant au bord de la nausée. Pas franchement agréable, mais admirablement percutant. On ressort de là hébété, assomé par tant de violence et tant de haine, même si quelques notes d'espoir laissent espérer que tout n'est pas perdu.

 

25 août : La Fille de Monaco, de Anne Fontaine Stars_2.gif

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A Monaco, un avocat, Bertrand, (Fabrice Luchini) plaide pour défendre une femme ayant assassiné son amant. Affublé d'un garde du corps, Christophe, (Roshdy Zem), il rencontre Audrey (Louise Bourgoin), une fille du coin complètement délurée, qui va l'entraîner dans une spirale passionnelle mettant en péril son affaire.

A priori anodin, ce film montre l'emprise de la passion sur un homme qui n'y est pas préparé. La manipulation d'Audrey sur Bertrand est très bien rendue, subtile et progressive. La façon dont l'avocat s'abandonne petit à petit est plutôt effrayante. Mais c'est la prestation de Roshdy Zem que l'on retiendra surtout, acteur incroyable au visage impassible et à la présence charismatique.

 

29 août : Be Happy (Happy-Go-Lucky), de Mike Leigh Stars_2.gif

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Présenté comme le Amélie Poulain anglais, Be Happy n'a pourtant rien à voir. Poppy (Sally Hawkins) est une jeune célibataire pleine de vie, toujours joyeuse, toujours souriante. Son métier d'institutrice et ses copines suffisent à embellir sa vie. Autour d'elle, les gens ne sont pas tous comme elle, à l'image de se moniteur de conduite au caractère instable et limite fasciste.

Ode à la vie, à la joie, ce film se regarde avec le sourire, le spectateur est entraîné par la bonne humeur de son interprète. Même si c'est parfois un peu too much, ce film à le mérite de remonter le moral.

07.08.2008

Les films de juillet 2008

Côté cinéma, le mois de juillet fut peu prolifique : seulement quatre films vus. Promis, je ferai mieux le mois prochain !

 

6 juillet : Par suite d'un arrêt de travail, de Frédéric Andrei Stars_2.gif

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Marc (Patrick Timsit), travaillant dans une société de transport, doit se rendre à Rome pour signer un gros contrat avec un partenaire italien. Mais des grèves nationales viennent d'éclater et Marc se voit obligé de gagner l'Italie en voiture. Cherchant un compagnon de route, il tombe sur Vincent (Charles Berling), un homme mystérieux et a priori sans attache, plutôt favorable aux grèves. Les deux hommes vont parcourir les routes bouchées de France, se découvrir mutuellement et, finalement, changer leur façon de voir les choses.

Sur fond de crise sociale (le film est entrecoupé d'images d'archives de plusieurs grandes grèves, donnant l'impression que le pays est en pleine révolution), Frédéric Andrei réalise un road movie social pas inintéressant, mais qui manque de punch. L'évolution des personnages et les embûches qu'ils rencontrent sont plutôt convenues, mais ils restent attachants, notamment grâce aux acteurs.

 

12 juillet : Valse avec Bachir (Waltz with Bachir), de Ari Folman Stars_3.gif

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Un film d'animation sous forme de documentaire, c'est assez rare pour être souligné. D'autant que le procédé est tout à fait sensé. Le réalisateur israëlien, vétéran de la guerre du Liban, écoute l'un de ses amis lui raconter un cauchemar qu'il fait toutes les nuits et qui a un rapport avec la guerre. Intrigué par l'absence de souvenirs qu'il a de cette période, Ari finit par voir surgir une image du passé, dans laquelle il se voit se baignant avec deux autres soldats à Beyrouth. Ne sachant pas si cette image est réelle ou fantasmée, il décide de retrouver ses camarades d'antan pour reconstituer les événements auxquels il a participé.

Film sur la guerre, Valse avec Bachir est également un film sur le processus de la mémoire. Au début un peu brouillon - on ne comprend pas tout de suite où le réalisateur veut en venir - il prend peu à peu tout son sens et acquiert une ampleur immense sur la fin. Les horreurs de la guerre nous sont montrées selon différents points de vue, on sent les vétérans traumatisés par leur expérience au point d'escamoter inconsciemment des pans entiers de leur mémoire. Le film traite aussi de l'interprétation instantanée des événements par les soldats, qui n'ont pas toutes les informations au moment d'intervenir sur une mission, et fait un parallèle saisissant avec la Shoah qui laissera longuement songeur...

Côté animation, c'est un peu surprenant au début puis l'on s'y fait facilement, l'effet ressemblant à celui obtenu dans A scanner darkly. Le choix de l'animation prend tout son sens également sur la fin, le réalisateur jouant sur la subjectivité de la mémoire et la prise de conscience des spectateurs.

Troublant, Valse avec Bachir ajoute sa pierre originale et saillante au thème de la guerre au cinéma.

 

14 juillet : Kung fu panda, de Mark Osborne et John Stevenson Stars_3.gif

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Le dernier film d'animation de chez Dreamworks promettait, avec sa bande annonce, un bon gros délire autour d'un panda voulant devenir maître de kung fu. Promesse tenue, à l'instar de Madagascar il y a trois ans, autre dessin animé du studio mettant en scène des animaux loufoques.

Po est un panda qui rêve de devenir un maître du kung fu. Balourd comme il est, il ne peut malheureusement que suivre les traces de son père pour tenir... un restaurant de nouilles. Mais le destin en décidera autrement. Alors que le maître Oogway doit désigner, comme la prophétie le prédit, le Guerrier Dragon parmi les cinq disciples de maître Shifu, c'est Po qui est choisi par erreur. Par erreur ? Peut-être pas... En tout cas, Shifu, malgré ses réticences, doit former le jeune panda. Car le terrible Taï Lung parvient à s'échapper de sa prison, et seul le Guerrier Dragon sera capable de l'arrêter.

Non mais quel délire ! Entre la maladresse de Po et les astuces de Shifu pour lui faire rentrer les bases du kung fu dans la tête, on rit en continu. Le scénario, pas très complexe, est néanmoins bien ficelé. Surtout, le film ne souffre pas d'un excès de bons sentiments : dès que l'émotion commence à devenir dégoulinante, les réalisateurs la désamorcent avec un gag surprenant qui prend le spectateur à contre-pied.

Côté réalisation, c'est juste magnifique. Notamment, la gestion des fourrures est irréprochable. C'est beau, fluide, plein de couleurs, de mouvements... nickel.

Une vraie réussite, qui confirme, s'il était besoin, le talent de Dreamworks en terme d'animation 3D.

 

24 juillet : Hancock, de Peter Berg Stars_3.gif

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Hancock est un super héros. Mais il ne correspond pas vraiment à l'image qu'en donnent habituellement les films ou les comics : alcoolique, vulgaire, sans morale, il crée plus de dégats que les bandits qu'il arrête. Recherché par la police, haï par la population, Hancock se fiche de tout ça. Jusqu'au jour où il sauve la vie de Ray, publicitaire idéaliste, qui lui propose de redorer son blason. Première étape : aller en prison. Hancock accepte avec réticence. Mary, la femme de Ray, ne voit pas tout ceci d'un très bon oeil...

Sur une idée plutôt originale, Peter Berg parvient à réaliser un film plus surprenant qu'il le laissait prévoir. Le côté irrévérencieux d'Hancock n'est pas édulcoré. Bien sûr, on sait qu'il va s'adoucir et devenir véritablement bon - c'est quand même un blockbuster américain. Toutefois, le film ménage quelques surprises et prend un tournant que l'on n'attendait pas. Le côté inévitable de la conversion d'Hancock passe donc au second plan. Tout n'est certes pas parfait dans le scénario, mais dans l'ensemble le film se suit avec un grand plaisir.

Par ailleurs, les effets spéciaux sont réussis et ne donnent pas dans l'exagération, sauf pour quelques scènes isolées. Loin des clichés et des intrigues convenues des histoires de super héros, Hancock est donc un film rafraîchissant au sein de la production fertile du genre depuis quelques années.

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