18.05.2009

Les films d'avril 2009

Et voilà, retard comblé ! Y a plus qu'à tenir la distance sur le reste de l'année...

 

02 avril : Duplicity, de Tony Gilroy Stars_2.gif

duplicity.jpgUn ex-agent du MI-5 (Clive Owen) et une ex-agent de la CIA (Julia Roberts) s'associent pour monter un coup : chacun devient agent de sécurité privé pour deux grandes entreprises de cosmétique concurrentes, l'idée étant de voler des secrets industriels pour les revendre ailleurs. Mais quand l'amour s'emmêle, on ne sait plus qui manipule qui...

Le film tient clairement sur le jeu amour/méfiace entre les deux personnages principaux. Le film est rythmé, entre présent et flashbacks, assez drôle et le scénario tient la route, même si la fin est prévisible assez rapidement.

 

05 avril : Safari, de Olivier Baroux Stars_2.gif

safari.jpgLe nouveau film d'Olivier Baroux (le O de Kad et O), avec Kad Merad, tient ses promesses : humour débile, situations rocambolesques, bref, l'habituelle recette Kad et O. On y suit les tribulations d'un guide de safari qui, pour sauver un ami, emmène des touristes dans la brousse. Sauf qu'il n'y a plus mis les pieds depuis des lustres et qu'il en a peur.

Il faut aimer ce genre d'humour - celui de Qui a tué Pamela Rose - et si c'est le cas, on ne sera pas déçu. Car sinon, le film n'a pas grand chose d'intéressant. Le scénario est convenu. Restent quand même de belles images de la savane.

 

11 avril : Prédictions (Knowing), de Alex Proyas Stars_2.gif

predictions.jpgAprès I Robot, je ne mettais plus beaucoup d'espoir en Alex Proyas. L'auteur de Dark City semblait en effet avoir sombré dans le côté obscur d'Hollywood. Prédictions ne s'annonçait pas mieux, avec un Nicolas Cage qui a l'habitude de faire de beaux nanars malgré son talent. Cette histoire d'un homme qui découvre une série de chiffres écrite cinquante ans avant par une gamine, et annonçant des catastrophes qui se sont depuis produites, avait tout du blockbuster sans cervelle.

Pourtant, Prédictions surprend. Proyas renoue - certes légèrement - avec son style d'antan : une ambiance visuelle assez sombre et inquiétante, des personnages mystérieux qui ressemblent aux ET de Dark City... Certes, le rôle du père célibataire qui-va-tout-faire-pour-sauver-son-fils joué par Nicolas Cage est affligeant de banalité, et l'histoire des prédictions n'a finalement pas grand chose à voir avec le dénouement. Mais il y a quelques bonnes surprises, notamment cette scène de crash d'avion filmée de façon extrêmement réaliste, qui nous fait comprendre que Proyas n'a pas l'intention de nous embobiner.

Résultat mitigé au final, mais Prédictions reste un bon film de divertissement.

 

12 avril : Wendy et Lucy (Wendy and Lucy), de Kelly Reichardt Stars_2.gif

wendy.jpgWendy est une jeune femme paumée qui part en Alaska pour trouver du boulot. Elle est accompagnée de sa chienne Lucy. Lorsque leur voiture tombe en panne dans une petite ville, Wendy laisse Lucy quelques instants au pied d'un supermarché. Elle se fait arrêter pour vol et, à son retour, Lucy a disparu.

Chronique d'une errance banale, Wendy et Lucy est un film assez touchant. Wendy, jouée par Michelle Williams, est un personnage attachant, femme vagabonde qui perd son unique compagne. C'est bien filmé, mais le tout manque de substance pour vraiment passionner.

 

13 avril : Monstres contre Aliens (Monsters vs. Aliens), de Rob Letterman et Conrad Vernon Stars_2.gif

monstres_aliens.jpgQu'attendre d'un film d'animation mettant en scène des monstres prisonniers de l'armée contre des aliens venus envahir la Terre ? Pas grand chose. D'ailleurs, le scénario n'a rien de vraiment intéressant. Heureusement, on rigole bien, pas spécialement des personnages-loufoques-et-différents-qui-vont-sauver-le-monde, mais plutôt de situations très comique comme cette scène où le président des USA rejoue la musique de Rencontre du troisième type devant le vaisseau alien. Il y a dans tout ça une autodérision pas désagréable du tout.

 

15 avril : Ponyo sur la falaise (Gake no ue no Ponyo), de Hayao Miyazaki Stars_3.gif

ponyo.jpgLe dernier Miyazaki nous raconte l'histoire de Sosuke, petit garçon vivant au bord d'une falaise et dont le père et marin, et de Ponyo, enfant-poisson qui s'échappe de son aquarium sous-marin pour découvrir le monde. Les deux enfants ne veulent plus se quitter, mais le père de Ponyo fait tout pour la récupérer.

Comme tout Miyazaki, celui-ci est visuellement superbe. La scène d'ouverture sou-marine est un pur bonheur. Pour le reste, Ponyo sur la falaise s'adresse vraiment aux tout petits. Il rappelle plus Mon voisin Totoro que Princesse Mononoke. Pas (ou peu) de danger, c'est juste une histoire mignonne, avec bien spur un petit discours écologique, et les habituels thèmes de Miyazaki. Pour ceux qui aiment, un vrai bonheur.

 

16 et 26 avril : Dans la brume électrique (In the Electric Myst), de Bertrand Tavernier Stars_3.gif

brume_affiche.jpgJ'en ai dit ce que je pensais ici, je ne m'étendrai donc pas plus.

 

23 avril : OSS 117 : Rio ne répond plus, de Serge Hazanavicius Stars_3.gif

oss117.jpgAprès OSS 117 : le Caire, nid d'espions, voici le retour du meilleur agent secret français, toujours aussi ignorant, raciste, machiste et arrogant. Il doit cette fois récupérer un microfilm détenu par un ancien nazi, et contenant une liste de collaborateurs français que le gouvernement de De Gaulles souhaiterait garder secrète.

Attention, si vous n'aimez pas l'humour lourd et répétitif sur les juifs, les nazis, les femmes, etc., passez votre chemin. OSS 117 est à prendre au 36ème degré. Rien de sérieux dans tout cela, sauf peut-être une critique d'une certaine vision de la France (avec un F super majuscule), prompte à défendre les défavorisés mais qui oublie parfois de balayer devant sa porte. Dujardin est excellent, parfaitement adapté au rôle, et il y a des scènes d'anthologie à hurler de rire.

14.05.2009

Dans la brume électrique

brume_affiche.jpgIl y a quelques semaines est sorti sur les écrans le nouveau film de Bertrand Tavernier, Dans la brume électrique. Adapté du livre de James Lee Burke (dont le titre initial était Dans la brume électrique avec les morts Confédérés, nettement meilleur, mais sans doute raccourci pour attirer un public incapable de retenir plus de quatre mots à la suite), sorti en 1992, le film raconte l'histoire de Dave Robicheaux, adjoint au shérif de la paroisse de New Iberia, en Louisiane, qui est sur une affaire de meurtre : une jeune femme, Cherry LeBlanc, a été retrouvée morte, mutilée et abusée sexuellement dans le bayou. Etrangement, ce décès correspond au retour de Julie Balboni à New Iberia, un mafieux originaire de la paroisse ayant fait son trou à la Nouvelle-Orléans. Il est ici pour affaires légales : il a investi dans un film historique qui se tourne près de Spanish Lake sur la guerre de Sécession.

Parallèlement, l’acteur principal du film, Elrod Sykes, se fait arrêter par Dave pour conduite en état d’ivresse. Il lui révèle alors avoir découvert le corps presque momifié d’un noir au torse enchaîné, dans le marais d’Atchafalaya, lors du tournage. Robicheaux est persuadé que ce corps est celui du Noir qu’il a vu se faire lyncher en 1965 alors qu’il avait 17 ans.

Il va donc mener les deux affaires en parallèle, mais présent et passé pourraient bien être liés. D’autant que Robicheaux est sujet à d’étranges visions : celles de soldats Conférés morts il y a plus de cent ans, et dont la guerre symbolique pourrait ne pas être terminée.

J'ai commencé par aller voir le film une première fois. Enthousiasmé mais pas entièrement satisfait, j'ai ensuite lu le livre, pour revoir le film une seconde fois. Nous avons parlé longuement avec Aloÿsus Abdaloff des deux oeuvres lors d'une émission de la Salle 101, écoutable ici. Je reproduis ci-dessous mon avis sur le film et le livre.

(Les photos du film sont © TFM Distribution et sont reproduites ici dans le seul but d'illustrer ma chronique. Si les ayants-droit le souhaitent, elles seront retirées à leur demande par mail via la page "C'est quoi ce blog")

Le Film

brume_tavernier.jpgGlobalement, le scénario se tient, l’enquête avance à un rythme régulier jusqu’au dénouement, même si l’intrigue avance plus par à-coups (presque par hasard) que grâce à la logique. C’est du coup assez réaliste. Il y a toutefois une certaine langueur, qui n’est pas pour me déplaire, et qui colle parfaitement à l’ambiance du film. Cette langueur tient au fait qu’on colle au personnage de Robicheaux, empêtré dans ces affaires et dans ses propres problèmes personnels, qui remontent pour certains à plus de quarante ans. Mais on ne s’ennuie pas un instant.

Il reste que, à l’évidence, Tavernier a dû opérer des coupes par rapport au livre - on le sent même sans l'avoir lu. Certaines ellipses sont un peu confuses, certains enchaînements manquent de relation de cause à effet. On sent qu’il a voulu condenser en deux heures une intrigue très dense. Notamment, la relation entre les deux affaires est assez floue, les personnages parlent beaucoup par énigmes et le spectateur a du mal à recoller les morceaux. Mais globalement la cohérence est là et l’ensemble est très plaisant.

brume_general.jpgCôté ambiance, c’est très bien fait. On sent la chaleur et la moiteur de l’été en Louisiane, avec les marais et les bayous, la végétation verdoyante… La lumière est bien étudiée, avec un ciel souvent bas, donnant une ambiance assez étouffante. Il y a de très belles images, notamment dans le bayou, avec le soleil rasant la surface de l’eau ou la brume qui est, effectivement, électrique ! Même si on aurait aimé un peu plus de ces magnifiques images, qui sont nettement plus nombreuses dans le livre.

Côté son, l’avis est mitigé : d’un côté on a des musiques cajuns qui collent très bien au film et ajoutent un vrai plus par rapport au livre. D’un autre, on a quelques fois une musique style film d’action qui manquent d’à-propos et qui gâchent un peu certaines scènes. Comme si Tavernier avait voulu dynamiser son film alors qu’il n’en avait pas besoin. Le film aurait presque mérité d'être sans bande son, comme le fut par exemple No Country for Old Men des frères Coen.

brume_sarsgaard.jpgIl reste à parler des acteurs, et là c'est l'un des gros points forts du film : son casting. Tommy Lee Jones en tête : il campe avec perfection Robicheaux, ce policier fatigué, traînant le poids des ans et des souvenirs avec résignation, dans la droite lignée de ces derniers rôles (No Country for Old Men, Trois enterrements, Dans la vallée d'Elah, etc.). John Goodman (The Big Lebowski, O Borther...), en Balboni, impose sa carrure dans un rôle de salaud élevé au rang de dignitaire local par ceux-là même qui voulaient le mettre dehors - mais le fric a ses avantages. Et mention spéciale à Peter Sarsgaard (qu'on avait vu dans Jarhead ou Flight Plan), en Elrod Sykes ivre en permanence, sans en rajouter. Dommage que son personnage n'ait pas été plus exploité, notamment au niveau des points communs qui le lient à Robicheaux.

Au final, sans connaître le livre, Dans la brume électrique est un bon film. Pas très bon, mais suffisamment pour le conseiller. Je ne connais pas le travail de Tavernier en dehors de ce film, mais il est selon moi d'un niveau plus que correct.

 

Le livre

brume_livre1.jpgCe sont les ellipses un peu floues du film qui m'ont donné envie de lire le livre. En le lisant, on se rend compte tout d'abord d’une chose : Tavernier lui a été très, très fidèle. Il reprend les dialogues presque mot pour mot, en se permettant parfois quelques ajouts, mais sans changer le sens des propos. C’est tout à son honneur, car le livre est vraiment excellent.

C’est donc la même histoire, mais beaucoup plus étoffée, en particulier au niveau des personnages. Le roman est à la première personne – c’est Robicheaux le narrateur. On est donc beaucoup plus impliqué. Le style est fluide, très prenant, même si certaines phrases un peu longues apportent un peu de lourdeur. Notamment, Burke se répète pas mal dans les descriptions.

Mais ce sont justement ces descriptions qui font tout le sel du roman. Burke sait décrire des scènes absolument superbes, et pas seulement visuellement : tous les sens y passent, y compris l’ouïe et les odeurs, voire la tension électrique liée à la météo. On sature parfois un peu tellement cette ambiance est prenante, collante, étouffante. C’est du pain béni pour un réalisateur, et sur ce coup-là Tavernier a réussi à rendre l’ambiance en l’épurant un peu pour qu’elle ne soit pas trop étouffante. Mais malgré cette lourdeur parfois, la lecture est envoûtante, le ton contemplatif et mélancolique de Burke nous plonge véritablement dans un autre monde.

Du côté du scénario, le livre est nettement au dessus du film. Déjà parce qu’il prend, évidemment, plus de temps pour exposer la situation, pour démêler les fils de l’enquête. Le sentiment de vide que l’on peut ressentir avec le film disparaît. L’enquête criminelle sur la mort de Cherry LeBlanc va d’ailleurs beaucoup plus loin, avec prostitution et pornographie. C’est nettement plus glauque que dans le film, et le comportement de Robicheaux est souvent limite vis-à-vis de la loi – c’est également le cas dans le film, mais dans le roman l’accent est mis dessus, ce comportement s’explique bien et est une pièce importante du livre. Mais c’est surtout au niveau de l’affaire du lynchage que la différence est la plus flagrante : dans le film on a l’impression que ce n’est qu’un prétexte, une intrigue secondaire. Peut-être Tavernier aurait-il dû carrément l’écarter. Dans le livre, même si là encore le lien avec l’enquête criminelle peut paraître floue (les personnages s’expriment encore plus par énigmes !), l’impact de cette partie sur le personnage de Robicheaux est essentiel. On touche à l’un des thèmes principaux du roman qui apparaît assez peu dans le film : le poids du passé, le fait qu’on n’en a jamais vraiment fini avec lui.

brume_livre2.jpgC’est aussi très visible au niveau du personnage de Rosie Gomez, l’agent du FBI. Dans le film, ce n’est qu’un personnage secondaire, plutôt passif. Dans le livre, elle a une vraie personnalité, elle a ses propres démons, ses propres obsessions, elle aussi est poursuivie par son passé, et du coup une véritable complicité naît entre elle et Robicheaux.

Enfin, la fin du roman, bien que très proche de celle du film, est nettement plus intéressante. L’aspect fantastique de l’histoire – les visions de Robicheaux et de Sykes, dont on ne sait pas vraiment si elles sont réelles ou imaginaires (ce qui est souvent le propre du fantastique) – prend une autre dimension, plus excitante.

Ce livre a été une vraie découverte. Burke montre tous les signes d'un auteur essentiel. Je vais sans hésiter continuer à le lire, et en parelrai sans doute ici. En tout cas, profitez de la réédition du livre en poche, chez Rivages/Noir, si ça vous tente, car les autres livres de Burke sont difficiles à trouver. Espérons que ce nouveau coup de projecteur incite les éditeurs à ressortir ses anciens romans.

Et finissons par l'une des plus belles phrases du roman :

"Peu importe ce que l'adversaire peut te faire, tu rigoles et tu marches dans la fumée des canons. Ca les rend cinglés".

11.05.2009

Les films de février et mars 2009

Je poursuis mon rattrapage pour tenter de recoller à terme à l'actualité...

 

01 février : Espion(s), de Nicolas Saada Stars_2.gif

espion(s).jpgComme je vous le disais dans la dernière note ciné, les films français sur les espions gagnent en maturité et en intérêt. Si Secret défense n'avait pas complètement convaincu, c'est un peu plus le cas de cet Espion(s). Vincent (Guillaume Canet), qui travaille comme bagagiste dans un aéroport, ouvre les bagages pour y piquer des affaires, avec son collègue. Lorsque ce dernier ouvre une malette diplomatique et ouvre un récipient qui lui explose à la figure en le tuant, Vincent se retrouve dans de beaux draps. Il est alors engagé de force par la DST pour surveiller un homme d'affaires londonien dont la femme, Claire (Géraldine Pailhas) est française. Entre Claire et Vincent vont naître des liens qui vont au-delà de l'espionnage.

Voici un film au scénario simple, sans grand suspense, sans enjeu majeur, mais qui parvient à accrocher grâce à une tension permanente. On ne sait jamais ce qui peut arriver. Et le rôle de Vincent est particulièrement bien creusé et joué par Canet. Ce n'est donc pas sur l'intrigue que Saada a mis l'accent mais sur les personnages, ce qui est plutôt bien vu.

 

15 février : Le Bal des actrices, de Maïwenn Stars_2.gif

bal_actrices.jpgSous la forme d'un faux documentaire avec des intermèdes de comédie musicale, Maïwenn part à la recherche du "vrai" visage des actrices françaises. Celles-ci s'amusent à se moquer d'elles-mêmes - elles jouent sous leur vrai nom - Karin Viard en tête, en actrice ayant la grosse tête et tentant de percer sur le larché américain. Entre les jeunes louves plus ou moins prêtes à tout et les actrices chevronnées un peu oubliées, chacune joue avec son image - parfois à mille lieues de ce qu'elles sont vraiment à nos yeux.

Maïwenn en profite pour s'interroger sur son propre rapport avec les actrices et avec elle-même. Difficile parfois de faire la part du vrai et du faux, ce qui laisse planer un doute pas désagréable, même si on est parfois peu intéressé par les interrogations existentielles de la réalisatrice.

On retiendra des numéros d'actrices drôles ou touchants qui donne à réfléchir sur le milieu du cinéma en général.

 

17 février : Yes Man, de Peyton Reed Stars_1.gif

yes_man.jpgIl y a des jours où on a envie de débrancher le cerveau et laisser ses soucis au vestiaire. Alors, on va voir un film avec Jim Carrey. Yes Man raconte l'histoire d'un homme seul, renfermé sur lui-même après son divorce, qui dit non à tout et ne sort jamais. Jusqu'au jour où un vieil ami l'emmène à un séminaire d'autopersuasion, où la règle du jeu est : dire oui à tout. Ce que fait notre homme. Vous vous en doutez, ça va le décoincer, et il va même retrouver l'amooouuuur avec la belle Zooey Deschanel.

Bref, rien de nouveau sous le soleil, un humour basique, un scénario vide, mais bon, on rigole et c'est ça qui compte.

 

18 février : La Panthère rose 2 (The Pink Panther 2), de Harald Zwart Stars_1.gif

panthere2.jpgToujours dans la période "envie de voir des films débiles", et ça tombe bien, La Panthère rose 2 en est un. On retrouve l'inspecteur Clouzeau, à la tête d'une équipe composée de meilleurs enquêteurs internationaux, pour retrouver un cambrioleur qui s'attaque, une nouvelle fois, à l'inestimable diamant.

Très con, l'humour du film fait quand même rire. Dommage que Steve Martin ne soit vraiment pas adapté au rôle.

 

28 février : The Wrestler, de Darren Aronofsky Stars_3.gif

wrestler.jpgAprès The Fountain, l'attente du nouveau Aronofsky fut longue. Longue mais récompensée. À mille lieues du précédent, The Wrestler met en scène un catcheur proche de la soixantaine (Mickey Rourke, sublime), ancienne star des rings, qui vivote désormais de petits combats de province, parfois à la limite de l'humain - les spectateurs demandant toujours plus de coups et de sang. Avec pour seule amie une strip-teaseuse elle aussi en fin de carrière (Marisa Tomei, superbe), il survit. Jusqu'au jour où son corps le lâche et qu'il fait une attaque. On lui dit qu'il doit arrêter. Pas facile quand on n'a fait ça toute sa vie...

Tourné avec peu de moyens, The Wrestler s'en sort admirablement bien. Caméra numérique à l'épaule, Aronofsky arrive à composer une image magnifique, filmant souvent les personnages de dos, comme si leur vie était derrière eux. Rourke joue à merveille cet homme perdu, dont les seuls repères s'écroulent. Touchant, allant au bout de lui-même, coincé entre un passé glorieux, un présent miteux et un avenir plus qu'incertain, il va tenter de donner un nouveau sens à sa vie, notamment avec la strip-teaseuse, son miroir féminin - leur relation est la plus grande réussite du film.

Même si l'on n'aime pas le catch (ce qui est mon cas), c'est tout simplement magnifique.

 

28 février : Gran Torino, de Clint Eastwood Stars_2.gif

gran_torino.jpgAnnoncé comme le meilleur Clint Eastwood, Gran Torino raconte l'histoire d'un vieil homme, vétéran de la guerre de Corée, qui vient de perdre sa femme. Eloigné de ses fils, profondément misanthrope voire raciste, dans un quartier coréen gangréné par les gangs, il va se lier d'amitié avec un jeune coréen ayant tenté de lui voler sa Ford Gran Torino. Ce sera peut-être pour lui le moyen de racheter des fautes qui le hantent.

Gran Torino est certes un bon film, mais certainement pas le chef d'oeuvre encensé par la critique. La faute à ce personnage joué par Eastwood, stéréotypé à mort, dont le changement de comportement paraît peu naturel. Certes, Eastwood prend finalement le contre-pied des rôles qui lui ont collé à la peau et qui l'ont amené à se faire traiter de facho. Mais l'ensemble manque de crédibilité.

 

11 mars : Marley & moi (Marley & Me), de David Frankel Stars_2.gif

marley.jpgEncore un film a priori débile, où la bande-annonce nous montre un jeune couple adoptant un chien, le mari ayant peur d'avoir des enfants. Cette bande-annonce nous montre les bêtises qu'enchaîne le labrador appelé Marley.

Sauf que Marley & moi n'est pas un film sur Marley. C'est un film sur un homme (Owen Wilson), journaliste, qui se retrouve coincé en tant que chroniqueur dans un journal local, loin de ses rêves de grand reporter. C'est un film sur les concessions qu'il faut faire pour réussir sa vie de couple (qu'elles soient faites par lui ou sa femme (Jennifer Aniston), également journaliste, et qui décide d'élever ses enfants). Loin d'être une histoire (de) bête, Marley & moi se révèle plutôt touchant, drôle bien sûr, mais posant de bonnes questions sur la vie en général. C'est inspiré d'une histoire vraie et ça se sent, car il n'y a pas de scènes abracadabrantes dont le seul but serait de faire rire le spectateur. Plutôt une bonne surprise, au final.

 

22 mars : L'Enquête - The International (The International), de Tom Tykwer Stars_2.gif

enquete.jpgTom Tykwer, l'excellent réalisateur allemand de Cours, Lola, cours, remarqué par les studios américains, passe au film d'espionnage. On y voit Clive Owen et Naomi Watts en enquêteurs d'Interpol cherchant à faire tomber les dirigeants d'une entreprise qu'ils soupçonnent, entre autres, de financer des groupes armés. Ils vont devoir se battre contre un système tentaculaire qui remonte jusqu'à leur hiérarchie, parfois en sortant des limites de la loi.

Un bon film, avec suffisamment de tension, de suspense, sans grande originalité ni retournements de situation exceptionnels, mais qui fonctionne efficacement.

 

29 mars : Watchmen - Les Gardiens (Watchmen), de Zack Snyder Stars_4.gif

watchmen.jpgN'ayant pas (encore) lu la BD originale, j'allais voir le film sans a priori - je n'avais même pas vu la bande annonce. Eh ben, quelle claque ! Après un générique absolument sublime, tant sur le fond que sur la forme, on entre dans cette histoire de super-héros oubliés, presque ringardisés, avec une force incroyable. Visuellement magnifique, le film navigue entre le présent et et le passé de ces héros que quelqu'un cherche visiblement à éliminer. On retiendra particulièrement les personnages de Rorschach ou Le Comédien, pleins d'ambiguité, comme leur rôle de sauveurs qui leur fait parfois suivre des causes contestables - comme participer à la guerre du Vietnam ou réprimer des manifestations. Leur humanité est constamment remise en cause (notamment celle de Docteur Manhattan), par ceux qu'ils doivent sauver et par eux-mêmes, et la notion de bien ou de mal devient floue, voire inexistante.

Le film n'en oublie pas pour autant l'action, qui n'empêche pas ici la réflexion. Subtil mélange. On regrettera quand même le choix de certains acteurs qui ne semblent pas trop à leur place, comme Malin Ackerman en Laurie ou Matthew Goode en Ozymandias.

Au final le film est une vraie réussite - qui semble avoir globalement séduit les fans du comic - et donne fortement envie de lire la BD d'origine.

08.05.2009

Focus sur Serge Lehman 1 : Le Haut-Lieu et autres espaces inhabitables

Serge Lehman est un écrivain essentiel du monde de la SF. L'équipe de la Salle 101 (dont je fais partie depuis peu), l'émission de radio science-fictionnesque de Fréquence Paris Plurielle sur 106.3, lui a consacré deux chroniques jeudi dernier que vous pouvez écouter ici. Puisque je n'ai pas pu tout dire et que je me suis emmêlé un peu les pinceaux, voici une chronique plus longue du Haut-Lieu et autres espaces inhabitables. À venir, la même chose avec le tome 2 de La Saison de la Couloeuvre.

 

Le Haut-Lieu et autres espaces inhabitables

haut_lieu.jpgSorti en novembre 2008 chez Denoël Lune d’Encre, Le Haut-Lieu et autres espaces inhabitables regroupe six nouvelles de Serge Lehman, dont une inédite : Le Haut-Lieu (1993), Le Gouffre aux chimères (2004), La Chasse aux ombres molles (1991), Superscience (2006), Origami (2006) et La Régulation de Richard Mars (écrite en 1999 mais inédite).

Sans forcément rentrer dans les détails de chaque nouvelle, je vais tenter de décrire ce recueil superbe et de dégager son thème principal sur la création, qui semble hanter Serge Lehman. Notons avant cela la très belle couverture de Daylon qui illustre parfaitement bien la première nouvelle du recueil.


Le Haut-Lieu
C’est la plus longue nouvelle du recueil. Elle présente Anne, agent immobilier, qui fait visiter un appartement parisien à David Lance, peintre récemment rentré des Etats-Unis. Alors qu’ils pénètrent dans l’entrée et referment la porte, celle-ci disparaît. Croyant d’abord à un effet d’optique, ils vont devoir se rendre à l’évidence : quelque chose veut les empêcher de sortir.

Sur un thème assez classique, avec une narration linéaire qui nous conduit petit à petit là où le veut Lehman, Le Haut-Lieu captive par son ambiance claustrophobique, la sensation d’enfermement progressive qui gagne les personnages et le lecteur. Soyons clair : il m’arrive rarement d’être angoissé par la lecture d’un texte. C’était le cas ici : l’effet est parfaitement réussi. Certes, on comprend assez vite l’inéluctabilité du dénouement, la mécanique de la nouvelle. Mais Lehman est un très bon écrivain et cette approche classique n’ennuie pas un seul instant. D’autant qu’on commence à entrer dans le thème qui parcourra tout le recueil : la puissance de la création en général, et artistique en particulier.


Le Gouffre aux chimères
ultimo_lector.jpgAvec cette nouvelle, on entre de plain pied dans l’obsession de Lehman, qui transparaît notamment dans ses interviews : la SF comme littérature de la réification des métaphores. La réification, c’est le sujet de ce texte : des hommes d’un bureau spécial du gouvernement (le bureau 101, hommage à Orwell) traquent des phénomènes annoncés par des perturbations météorologiques, les réifications, qui voient les idées (scientifiques, artistiques) de grands hommes (ou futurs grands hommes) tenter de se matérialiser par l’intermédiaires de livres imaginaires.

« Récupérer le moment créatif originel » : telle est l’expression de l’un des personnages du texte, et le but de Lehman : aller à la source de la création. Pour lui, les idées cherchent à naître au monde et utilisent les hommes comme vecteurs. C’est l’histoire d’un accouchement, celui d’une idée, qu’elle soit artistique, scientifique ou philosophique. Et cet accouchement, dans la SF de Lehman, n’est plus métaphorique : il prend forme physiquement, ici sous forme de livres.

La description de la réification est sublime : Lehman utilise de très belles images, avec une ambiance lumineuse, dorée, onirique. On garde longtemps à l’esprit cet instant presque magique. Le Gouffre aux chimères est sans doute le texte le plus intense de ce recueil.

Petit aparté : l’idée que la vie d’un homme puisse être retranscrite dans des milliers de livres me fait penser à El Ultimo Lector, roman de David Toscana paru chez Zulma, où un bibliothécaire croit pouvoir expliquer la réalité (le meurtre d’une enfant) à l’aide des livres qu’il a lus. Les notions de réalité et de création se confondent, comme dans ce recueil, et ce thème semble être le pivot de l’œuvre de Lehman en général.


La Chasse aux ombres molles
Très courte nouvelle assez cynique sur une certaine tendance du monde de l’entreprise à produire pour produire. Il n’y a pas grand-chose à en dire, le texte est intéressant et sa chute justifie sa brièveté, mais il est plutôt anecdotique.


Superscience
C’est LA nouvelle centrale selon moi, une des plus belles et importantes que j’aie lu, celle qui matérialise le mieux l’idée sur la puissance de la création. Je l’avais découverte dans le Bifrost n° 42, sans vraiment la comprendre, mais sentant déjà le potentiel énorme qu’elle avait. Cette seconde lecture, je crois, m’en a fait comprendre le sens.

bifrost42.jpgÀ Métropolis, l’un des fondateurs de la ville est retrouvé mort. Walter, son ancien associé, qui dirige la société UWS à l’origine de la cité, va chercher à comprendre l’origine de cette mort, qui pourrait être liée directement à l’existence de la ville. Car celle-ci a été construite à partir de morceaux d’œuvres provenant d’un monde parallèle (le nôtre ?), appelé La Partition, retrouvées dans des « archives », zones où la réalité s’efface devant le phénomène de réification – encore. Walter sent une menace peser sur Métropolis (le Kohlenhändler, qui n’est pas sans rappeler le HKH de Michel Jeury dans Le Temps incertain), une menace rationalisante, matérialiste, dont le but pourrait être de faire disparaître l’art. Car l’art est source de désordre et donc difficile à maîtriser pour un pouvoir en place.

La superscience, c’est cette intuition qui permet de capter une idée, de la comprendre et de l’interpréter – aux deux sens du terme : en comprendre le sens, et la mette en scène. La nouvelle Superscience est à ce titre une nouvelle superscientifique : Lehman arrive à nous faire toucher du doigt des vérités quasi cosmiques sur l’art, sur son rôle et sa nécessité, sur sa nature. Les archives, c’est aussi la preuve que l’art trouve son chemin tout seul vers les endroits où il va pouvoir s’exprimer, se réifier. L’art est une entité à lui tout seul, et les hommes n’en sont que les vecteurs et les contemplateurs. La superscience, c’est peut-être aussi la vision que Lehman a du rôle de la SF : rendre réelles, concrètes, des idées qui ne peuvent pas se réifier dans un monde non science-fictif.

Autre point marquant du texte : la notion de zone y est très forte. Il y avait déjà, dans Immortel, le film de Bilal dont Lehman est scénariste, cette zone d’instabilité de laquelle surgissaient des phénomènes inexpliqués. Les archives sont une autre manifestation de ce concept – comme pouvait l’être le lieu de la réification dans Le Gouffre aux chimères, ou l’appartement du Haut-Lieu. Les archives sont un lieu incertain (comme le temps l’est chez Jeury, encore une parenté ?), évanescent. Lehman parle d’ailleurs d’un « secteur que personne n’avait signalé avant lui et que personne n’avait retrouvé par la suite ». Et quand on cherche à le cartographier, il se fige, n’évolue plus. Comme si la rationalisation représentait un frein à la création – on y revient : l’art ne peut être, ne doit pas être, contrôlé.

Et l’art est une entité à lui tout seul. Comme dans Le Gouffre aux chimères, où les idées se servaient des hommes pour naître, l’art se sert de l’homme pour se matérialiser : « En exigeant la soumission de la matière à l’esprit qui rôde de l’autre côté de La Partition, qui servons-nous ? La matière ou l’esprit ? ». Cette interrogation sur le rapport entre le créateur et la création se retrouve tout au long du recueil.


Origami
Encore une nouvelle assez vertigineuse. Un journaliste scientifique est invité à un stage étrange où seuls quelques privilégiés sont conviés. Un stage au cours duquel il devra dessiner des cercles, avec un seul objectif : l’amener à « aimer le brouillon ».

De nouveau, il s’agit d’une idée d’ordre cosmique ramenée à l’échelle humaine pour l’imposer aux humains. C’est toujours un peu ça chez Lehman : ses personnages sont confrontés à une idée, qu’ils ne comprennent pas forcément, qu’ils doivent apprendre à connaître, à apprivoiser. C’est là la teneur d’Origami : s’habituer à une idée, aussi cruciale soit-elle, car elle ne peut être comprise d’un seul coup et par n’importe qui. L’esprit humain est trop formaté, il a peur de la nouveauté. C’est finalement, pour moi, l’un des rôles majeurs de la SF, et Lehman est l’un de ceux qui le comprend le mieux et qui l’exécute le mieux.


La Régulation de Richard Mars
Encore une nouvelle sur l’acte de création, le pouvoir de l’imagination et la responsabilité que cela implique. Richard Mars se retrouve subitement à la tête d’un univers. Dieu omnipotent, il ne sait pas s’il est mort ou sujet d’une expérience. Après une longue attente, il va prendre contact avec un être de cet univers, une sorte de rat, avec qui il va nouer une relation privilégiée.

J’avoue ne pas avoir trop accroché à ce texte. Il est bon, mais je ne suis pas sûr d’en avoir compris la finalité, au-delà du thème du créateur et de la création. Cela étant, l’état de Richard Mars n’est pas sans rappeler la chronolyse de Jeury, dans l’esprit : une projection dans un monde qui a ses propres règles et qu’il va falloir apprendre à maîtriser, avec l’ombre planante d’entités supérieures qui pourraient le manipuler.



Bref, globalement, Le Haut-Lieu et autres espaces inhabitables est un recueil indispensable pour qui s’intéresse à l’essence de la SF. Serge Lehman est un excellent écrivain qui sait allier des idées puissantes et une réflexion de fond sur la création.


À suivre : le tome 2 de La Saison de la Couloeuvre, bande dessinée scénarisée par Serge Lehman chez L’Atalante.

01.05.2009

Les films de décembre 2008 et janvier 2009

Nous sommes le 1er mai, il n'y a rien à faire, mes voisins font des travaux et il n'y a même pas de snooker à la télé. Alors, si je rattrapais un peu mon retard en terme de ciné, hein ? Bon ok, ça ne servira pas à grand chose (quoique, les films de décembre commencent à sortir en DVD :)), mais c'est pour la beauté du sport... Bon, je vous préviens, ma mémoire étant une passoire, je n'aurai pas grand chose à dire la plupart du temps... mais je vais essayer de me creuser les méninges !

 

06 décembre : Vick Christina Barcelona, de Woody Allen Stars_3.gif

vicky.jpgLe dernier Woody Allen est toujours (pour moi) un événement, car j'adore ce qu'il fait en général (je parle de ses films récents, j'ai assez peu vu ses anciens films). C'est aussi générateur de doute : est-ce que je ne vais pas finir par me laisser ? Car il faut bien avouer qu'il innove assez peu. Toutefois, la veine un peu polar qu'avait pris ses films "anglais" (Match Point, Scoop, et Le Rêve de Cassandre) m'avait beaucoup plu.

Changement de registre avec Vicky Christina Barcelona. Comme le laisse entendre le titre, le film se passe à Barcelone, où deux amies, Vicky et Christina, passent quelques jours de vacance. La première (Rebecca Hall) est sur le point de se marier avec un homme bien sous tout rapport. Pour elle, l'amour est quelque chose de plutôt rationnel, tout doit être bien défini et clair. La seconde (Scarlett Johansson) est plus instinctive et cède facilement à ses envies. Elles rencontrent dans un restaurant Juan Antonio (Javier Bardem), peintre charmeur, qui leur propose une virée à Oviedo pour profiter du week-end... et de l'amour. Vicky, choquée, et Christina, séduite, acceptent le voyage.

C'est peut-être l'un des films les plus sensuels de ces dernières années. Allen parvient à installer une ambiance de séduction, à la limite de l'érotisme (voir la scène dans le labo photo), sans être vulgaire. Le fond - les interrogations de deux femmes sur l'amour - est assez banal, mais comme toujours Allen nous convainc avec des personnages forts, complexes (mention spéciale à Javier Bardem), et un ton qui reste léger. Un excellent moment.

 

04 janvier : Burn After Reading, de Joel et Ethan Coen Stars_2.gif

burn_after_reading.jpgDeuxième film de l'année pour les frères Coen après No Country for Old Men, avec un retour à la comédie gentillette mais pas exceptionnelle. Deux employés d'une salle de sport croient avoir mis la main sur des informations top secret qu'ils veulent revendre aux services secrets russes. L'agent américain ayant perdu ces informations vient d'être rétrogradé et cette perte est une épine de plus dans une vie qui lui échappe - sa femme, autoritaire, le trompe. Tout ceci va se finir dans le sang, mais comme toujours, avec humour.

Si les personnages sont déjantés à souhait, le scénario manque de punch. On a affaire à un film qui rappelle Fargo dans l'esprit mais qui n'en a pas toutes les qualités. Cela reste un bon film malgré cela.

 

09 janvier : Madagascar 2, de Erci Darnell et TomMcGrath Stars_2.gif

madagascar2.jpgSi vous avez aimé le premier, vous aimerez sans doute aussi celui-ci, qui reprend les mêmes personnages : Alex le lion, Marty le zèbre, Melman la girafe et Gloria l'hippopotame, sans oublier les quatre pingouins déjantés. Ce sont eux qui ont permis aux quatre amis de quitter la jungle pour regagner New York, en retapant un avion. Sauf que celui-ci s'écrase rapidement en pleine brousse. C'est l'occasion pour les animaux du zoo de rencontrer leurs familles sauvages.

Toujours techniquement très beau, le film conserve un scénario convenu. Peu de nouveautés, mais on rigole toujours autant, notamment devant les facéties des pingouins.

 

10 janvier : Secret défense, de Philippe Haim Stars_2.gif

secret_defense.jpgDepuis quelque temps, les films d'espionnage français commencent à avoir un peu plus de pêche, n'hésitant pas à critiquer les organes du pouvoir et du renseignement en montrant l'inhumanité avec laquelle les institutions traitent leurs employés. C'est le cas ici avec Secret défense, où Alex (Gérard Lanvin) est instructeur à la DGSE. Il recrute Diane (Vahine Giocante) pour une mission visant à stopper le terroriste Al Barad (Simon Abkarian). Ce dernier recrute également un jeune homme perdu (Nicolas Duvauchelle) qui trouve dans sa conversion musulmane un nouveau sens à sa vie.

Si le film semble très réaliste sur la DGSE et ses méthodes borderline, son scénario est un peu trop rapide, on a du mal à tout comprendre, et la résolution finale retombe un peu à plat après la tension constante que Haim a su insuffler à tout le film. Il aurait pu être très bon, il se contente d'être bon, ce qui n'est pas si mal.

 

11 janvier : The Spirit, de Frank Miller Stars_2.gif

spirit.jpgAprès avoir été crédité en tant que co-réalisateur de Sin City, Frank Miller se lance en solo dans la réalisation, en adaptant un comic de Will Eisner. Pas de toute, on voit à quelle école Miller s'est formé pour le cinéma : son film a exactement la même identité visuelle que Sin City. Ce qui n'est pas un mal. Si la recette est un peu moins bien exécutée, elle reste efficace : une ville sombre, un héros solitaire dont la voix off berce le film, une histoire de gentil et de méchants... Si on aime le genre, The Spirit est plutôt réussi.

Le début peut pourtant laisser sceptique pour qui ne connaît pas la BD originale : Miller hésite entre le ton de Sin City et un ton beaucoup plus léger, à la limite de l'autodérision. Et les combats entre The Spirit et son ennemi paraissent exagérés (mais peut-être est-ce comme cela dans le comic). Mais on se fait finalement vite à cette approche et on finit par apprécier le film pour ce qu'il est : une histoire très simple de bon et de méchant dans un univers visuellement superbe.

 

17 janvier : Australia, de Baz Luhrmann Stars_2.gif

australia.jpgVoici la fresque tant attendue du réalisateur de l'excellentissime Moulin Rouge. Beaucoup d'attente pour ce film dont la bande annonce était très alléchante. On sait Luhrmann capable de dépasser la banalité des histoires d'amour pour en faire de véritables tragédies.

Dommage qu'ici, cette dimension attendue ne soit pas au rendez-vous. Le film reste beau - superbes paysages australiens -, haletant - la guerre intervenant dans une histoire d'éleveurs de bétail, avec nature ancestrale à la clé - mais n'atteint pas les sommets escomptés. Nicole Kidman et Hugh Jackman livrent une prestation honnête mais ne sont pas éblouissants. Australia reste une jolie fresque, mais c'est tout est c'est un peu dommage.

 

25 janvier : Slumdog Millionaire, de Danny Boyle Stars_4.gif

slumdog.jpgIl est un peu tard pour parler de ce film qui a fait le tour du monde et remporté l'Oscar du meilleur film 2009. Mais c'est véritablement un chef d'oeuvre ! J'ai toujours aimé Danny Boyle - enfin, plus ou moins, le moins se situant dans La Plage et Sunshine - et là il ne m'a pas déçu.

L'histoire est celle d'un jeune indien issu des bidonvilles qui participe à l'émission Qui veut gagner des millions. Et, chose incroyable, il répond au fur et à mesure à toutes les questions, alors qu'il n'est pas censé être cultivé. Le Jean-Pierre Foucaud local commence à se poser des questions : le jeune homme triche-t-il ? C'est ce qu'on va découvrir en suivant en flashbacks la courte vie du garçon, dont les aléas vont le pousser à connaître des choses insignifiantes qui lui permettront, peut-être, de gagner vingt millions de roupies.

Visuellement superbe - on est habitué avec Boyle - Slumdog Millionaire est aussi une histoire magnifique. Sans misérabilisme, elle nous montre la vie d'un garçon défavorisé, abandonné, manipulé, qui va tout faire pour s'en sortir. C'est à la fois une hymne à la vie, au courage, mais sans violons, et l'apologie des petites expériences qui semblent insignifiantes sur le moment mais qui peuvent avoir de l'importance bien plus tard. Rythmé, bien joué, beau, Slumdog Millionaire ne nous lache pas une minute, et on reste pendu au suspense qui verra, ou non, le jeune homme gagner au jeu et retrouver, peut-être, la femme qu'il aime. Grandiose.

 

31 janvier : King Guillaume, de Pierre-François Martin-Laval Stars_1.gif

king_guillaume.jpgPierre-François Martin-Laval, alias Pef des Robins des Bois, avait montré une certain sensibilité dans son premier film, Essaye-moi. On retrouve l'univers décalé de cet homme lunaire, fils spirituel de Pierre Richard (qui joue d'ailleurs dans le film), dont les personnages font preuve d'une naïveté touchante dans un monde un peu trop dur pour eux.

Guillaume est un homme simple qui conduit le train touristique d'une petite ville. Sa femme (Florence Foresti) est enceinte et ils ont du mal à joindre les deux bouts. Jusqu'au jour où on leur annonce qu'ils sont les héritiers d'un royaume insulaire. Mais quand Guillaume débarque sur l'île, il doit se rendre à l'évidence : elle fait quelques mètres carré, il n'y a que six habitants et pas un sou dans les caisses. Au temps pour la vie de château à laquelle il s'attendait.

Malgré toute l'affection que j'ai pour Pef, le film manque clairement de quelque chose : un vrai scénario. Il ne se passe pas grand chose, on a du mal à se sentir impliqué par cette histoire, au-delà du pitch sympathique et des personnages tous plus loufoques les uns que les autres. Voilà, c'est ça : sympathique, mais peut-être pas de quoi en faire un film. À noter tout de même la musique composée par Emily Loizeau, dont je vous reparlerai un jour.

 

Bon voilà, je m'en suis sorti et en plus, maintenant, il y a du snooker à la télé. Il me reste février, mars et avril, je vais essayer de faire ça dans le week-end...

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