11.05.2009

Les films de février et mars 2009

Je poursuis mon rattrapage pour tenter de recoller à terme à l'actualité...

 

01 février : Espion(s), de Nicolas Saada Stars_2.gif

espion(s).jpgComme je vous le disais dans la dernière note ciné, les films français sur les espions gagnent en maturité et en intérêt. Si Secret défense n'avait pas complètement convaincu, c'est un peu plus le cas de cet Espion(s). Vincent (Guillaume Canet), qui travaille comme bagagiste dans un aéroport, ouvre les bagages pour y piquer des affaires, avec son collègue. Lorsque ce dernier ouvre une malette diplomatique et ouvre un récipient qui lui explose à la figure en le tuant, Vincent se retrouve dans de beaux draps. Il est alors engagé de force par la DST pour surveiller un homme d'affaires londonien dont la femme, Claire (Géraldine Pailhas) est française. Entre Claire et Vincent vont naître des liens qui vont au-delà de l'espionnage.

Voici un film au scénario simple, sans grand suspense, sans enjeu majeur, mais qui parvient à accrocher grâce à une tension permanente. On ne sait jamais ce qui peut arriver. Et le rôle de Vincent est particulièrement bien creusé et joué par Canet. Ce n'est donc pas sur l'intrigue que Saada a mis l'accent mais sur les personnages, ce qui est plutôt bien vu.

 

15 février : Le Bal des actrices, de Maïwenn Stars_2.gif

bal_actrices.jpgSous la forme d'un faux documentaire avec des intermèdes de comédie musicale, Maïwenn part à la recherche du "vrai" visage des actrices françaises. Celles-ci s'amusent à se moquer d'elles-mêmes - elles jouent sous leur vrai nom - Karin Viard en tête, en actrice ayant la grosse tête et tentant de percer sur le larché américain. Entre les jeunes louves plus ou moins prêtes à tout et les actrices chevronnées un peu oubliées, chacune joue avec son image - parfois à mille lieues de ce qu'elles sont vraiment à nos yeux.

Maïwenn en profite pour s'interroger sur son propre rapport avec les actrices et avec elle-même. Difficile parfois de faire la part du vrai et du faux, ce qui laisse planer un doute pas désagréable, même si on est parfois peu intéressé par les interrogations existentielles de la réalisatrice.

On retiendra des numéros d'actrices drôles ou touchants qui donne à réfléchir sur le milieu du cinéma en général.

 

17 février : Yes Man, de Peyton Reed Stars_1.gif

yes_man.jpgIl y a des jours où on a envie de débrancher le cerveau et laisser ses soucis au vestiaire. Alors, on va voir un film avec Jim Carrey. Yes Man raconte l'histoire d'un homme seul, renfermé sur lui-même après son divorce, qui dit non à tout et ne sort jamais. Jusqu'au jour où un vieil ami l'emmène à un séminaire d'autopersuasion, où la règle du jeu est : dire oui à tout. Ce que fait notre homme. Vous vous en doutez, ça va le décoincer, et il va même retrouver l'amooouuuur avec la belle Zooey Deschanel.

Bref, rien de nouveau sous le soleil, un humour basique, un scénario vide, mais bon, on rigole et c'est ça qui compte.

 

18 février : La Panthère rose 2 (The Pink Panther 2), de Harald Zwart Stars_1.gif

panthere2.jpgToujours dans la période "envie de voir des films débiles", et ça tombe bien, La Panthère rose 2 en est un. On retrouve l'inspecteur Clouzeau, à la tête d'une équipe composée de meilleurs enquêteurs internationaux, pour retrouver un cambrioleur qui s'attaque, une nouvelle fois, à l'inestimable diamant.

Très con, l'humour du film fait quand même rire. Dommage que Steve Martin ne soit vraiment pas adapté au rôle.

 

28 février : The Wrestler, de Darren Aronofsky Stars_3.gif

wrestler.jpgAprès The Fountain, l'attente du nouveau Aronofsky fut longue. Longue mais récompensée. À mille lieues du précédent, The Wrestler met en scène un catcheur proche de la soixantaine (Mickey Rourke, sublime), ancienne star des rings, qui vivote désormais de petits combats de province, parfois à la limite de l'humain - les spectateurs demandant toujours plus de coups et de sang. Avec pour seule amie une strip-teaseuse elle aussi en fin de carrière (Marisa Tomei, superbe), il survit. Jusqu'au jour où son corps le lâche et qu'il fait une attaque. On lui dit qu'il doit arrêter. Pas facile quand on n'a fait ça toute sa vie...

Tourné avec peu de moyens, The Wrestler s'en sort admirablement bien. Caméra numérique à l'épaule, Aronofsky arrive à composer une image magnifique, filmant souvent les personnages de dos, comme si leur vie était derrière eux. Rourke joue à merveille cet homme perdu, dont les seuls repères s'écroulent. Touchant, allant au bout de lui-même, coincé entre un passé glorieux, un présent miteux et un avenir plus qu'incertain, il va tenter de donner un nouveau sens à sa vie, notamment avec la strip-teaseuse, son miroir féminin - leur relation est la plus grande réussite du film.

Même si l'on n'aime pas le catch (ce qui est mon cas), c'est tout simplement magnifique.

 

28 février : Gran Torino, de Clint Eastwood Stars_2.gif

gran_torino.jpgAnnoncé comme le meilleur Clint Eastwood, Gran Torino raconte l'histoire d'un vieil homme, vétéran de la guerre de Corée, qui vient de perdre sa femme. Eloigné de ses fils, profondément misanthrope voire raciste, dans un quartier coréen gangréné par les gangs, il va se lier d'amitié avec un jeune coréen ayant tenté de lui voler sa Ford Gran Torino. Ce sera peut-être pour lui le moyen de racheter des fautes qui le hantent.

Gran Torino est certes un bon film, mais certainement pas le chef d'oeuvre encensé par la critique. La faute à ce personnage joué par Eastwood, stéréotypé à mort, dont le changement de comportement paraît peu naturel. Certes, Eastwood prend finalement le contre-pied des rôles qui lui ont collé à la peau et qui l'ont amené à se faire traiter de facho. Mais l'ensemble manque de crédibilité.

 

11 mars : Marley & moi (Marley & Me), de David Frankel Stars_2.gif

marley.jpgEncore un film a priori débile, où la bande-annonce nous montre un jeune couple adoptant un chien, le mari ayant peur d'avoir des enfants. Cette bande-annonce nous montre les bêtises qu'enchaîne le labrador appelé Marley.

Sauf que Marley & moi n'est pas un film sur Marley. C'est un film sur un homme (Owen Wilson), journaliste, qui se retrouve coincé en tant que chroniqueur dans un journal local, loin de ses rêves de grand reporter. C'est un film sur les concessions qu'il faut faire pour réussir sa vie de couple (qu'elles soient faites par lui ou sa femme (Jennifer Aniston), également journaliste, et qui décide d'élever ses enfants). Loin d'être une histoire (de) bête, Marley & moi se révèle plutôt touchant, drôle bien sûr, mais posant de bonnes questions sur la vie en général. C'est inspiré d'une histoire vraie et ça se sent, car il n'y a pas de scènes abracadabrantes dont le seul but serait de faire rire le spectateur. Plutôt une bonne surprise, au final.

 

22 mars : L'Enquête - The International (The International), de Tom Tykwer Stars_2.gif

enquete.jpgTom Tykwer, l'excellent réalisateur allemand de Cours, Lola, cours, remarqué par les studios américains, passe au film d'espionnage. On y voit Clive Owen et Naomi Watts en enquêteurs d'Interpol cherchant à faire tomber les dirigeants d'une entreprise qu'ils soupçonnent, entre autres, de financer des groupes armés. Ils vont devoir se battre contre un système tentaculaire qui remonte jusqu'à leur hiérarchie, parfois en sortant des limites de la loi.

Un bon film, avec suffisamment de tension, de suspense, sans grande originalité ni retournements de situation exceptionnels, mais qui fonctionne efficacement.

 

29 mars : Watchmen - Les Gardiens (Watchmen), de Zack Snyder Stars_4.gif

watchmen.jpgN'ayant pas (encore) lu la BD originale, j'allais voir le film sans a priori - je n'avais même pas vu la bande annonce. Eh ben, quelle claque ! Après un générique absolument sublime, tant sur le fond que sur la forme, on entre dans cette histoire de super-héros oubliés, presque ringardisés, avec une force incroyable. Visuellement magnifique, le film navigue entre le présent et et le passé de ces héros que quelqu'un cherche visiblement à éliminer. On retiendra particulièrement les personnages de Rorschach ou Le Comédien, pleins d'ambiguité, comme leur rôle de sauveurs qui leur fait parfois suivre des causes contestables - comme participer à la guerre du Vietnam ou réprimer des manifestations. Leur humanité est constamment remise en cause (notamment celle de Docteur Manhattan), par ceux qu'ils doivent sauver et par eux-mêmes, et la notion de bien ou de mal devient floue, voire inexistante.

Le film n'en oublie pas pour autant l'action, qui n'empêche pas ici la réflexion. Subtil mélange. On regrettera quand même le choix de certains acteurs qui ne semblent pas trop à leur place, comme Malin Ackerman en Laurie ou Matthew Goode en Ozymandias.

Au final le film est une vraie réussite - qui semble avoir globalement séduit les fans du comic - et donne fortement envie de lire la BD d'origine.

Commentaires

Le Bal de actrices c'est très bien.
(et Joey Starr n'est pas du tout son compagnon)(après j'avoue ne pas suivre les trucs people donc si ça se trouve... mais une chose est sure, leur vie de couple dans le film est fictive, en particulier le gosse)

Ecrit par : Epikt | 11.05.2009

Ah ouais, t'as raison, je sais plus où j'avais lu ça, mais après vérification c'est faux. Sorry, je corrige.

Ecrit par : Jérôme | 11.05.2009

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