01.05.2009
Les films de décembre 2008 et janvier 2009
Nous sommes le 1er mai, il n'y a rien à faire, mes voisins font des travaux et il n'y a même pas de snooker à la télé. Alors, si je rattrapais un peu mon retard en terme de ciné, hein ? Bon ok, ça ne servira pas à grand chose (quoique, les films de décembre commencent à sortir en DVD :)), mais c'est pour la beauté du sport... Bon, je vous préviens, ma mémoire étant une passoire, je n'aurai pas grand chose à dire la plupart du temps... mais je vais essayer de me creuser les méninges !
Le dernier Woody Allen est toujours (pour moi) un événement, car j'adore ce qu'il fait en général (je parle de ses films récents, j'ai assez peu vu ses anciens films). C'est aussi générateur de doute : est-ce que je ne vais pas finir par me laisser ? Car il faut bien avouer qu'il innove assez peu. Toutefois, la veine un peu polar qu'avait pris ses films "anglais" (Match Point, Scoop, et Le Rêve de Cassandre) m'avait beaucoup plu.
Changement de registre avec Vicky Christina Barcelona. Comme le laisse entendre le titre, le film se passe à Barcelone, où deux amies, Vicky et Christina, passent quelques jours de vacance. La première (Rebecca Hall) est sur le point de se marier avec un homme bien sous tout rapport. Pour elle, l'amour est quelque chose de plutôt rationnel, tout doit être bien défini et clair. La seconde (Scarlett Johansson) est plus instinctive et cède facilement à ses envies. Elles rencontrent dans un restaurant Juan Antonio (Javier Bardem), peintre charmeur, qui leur propose une virée à Oviedo pour profiter du week-end... et de l'amour. Vicky, choquée, et Christina, séduite, acceptent le voyage.
C'est peut-être l'un des films les plus sensuels de ces dernières années. Allen parvient à installer une ambiance de séduction, à la limite de l'érotisme (voir la scène dans le labo photo), sans être vulgaire. Le fond - les interrogations de deux femmes sur l'amour - est assez banal, mais comme toujours Allen nous convainc avec des personnages forts, complexes (mention spéciale à Javier Bardem), et un ton qui reste léger. Un excellent moment.
04 janvier : Burn After Reading, de Joel et Ethan Coen
Deuxième film de l'année pour les frères Coen après No Country for Old Men, avec un retour à la comédie gentillette mais pas exceptionnelle. Deux employés d'une salle de sport croient avoir mis la main sur des informations top secret qu'ils veulent revendre aux services secrets russes. L'agent américain ayant perdu ces informations vient d'être rétrogradé et cette perte est une épine de plus dans une vie qui lui échappe - sa femme, autoritaire, le trompe. Tout ceci va se finir dans le sang, mais comme toujours, avec humour.
Si les personnages sont déjantés à souhait, le scénario manque de punch. On a affaire à un film qui rappelle Fargo dans l'esprit mais qui n'en a pas toutes les qualités. Cela reste un bon film malgré cela.
09 janvier : Madagascar 2, de Erci Darnell et TomMcGrath
Si vous avez aimé le premier, vous aimerez sans doute aussi celui-ci, qui reprend les mêmes personnages : Alex le lion, Marty le zèbre, Melman la girafe et Gloria l'hippopotame, sans oublier les quatre pingouins déjantés. Ce sont eux qui ont permis aux quatre amis de quitter la jungle pour regagner New York, en retapant un avion. Sauf que celui-ci s'écrase rapidement en pleine brousse. C'est l'occasion pour les animaux du zoo de rencontrer leurs familles sauvages.
Toujours techniquement très beau, le film conserve un scénario convenu. Peu de nouveautés, mais on rigole toujours autant, notamment devant les facéties des pingouins.
10 janvier : Secret défense, de Philippe Haim
Depuis quelque temps, les films d'espionnage français commencent à avoir un peu plus de pêche, n'hésitant pas à critiquer les organes du pouvoir et du renseignement en montrant l'inhumanité avec laquelle les institutions traitent leurs employés. C'est le cas ici avec Secret défense, où Alex (Gérard Lanvin) est instructeur à la DGSE. Il recrute Diane (Vahine Giocante) pour une mission visant à stopper le terroriste Al Barad (Simon Abkarian). Ce dernier recrute également un jeune homme perdu (Nicolas Duvauchelle) qui trouve dans sa conversion musulmane un nouveau sens à sa vie.
Si le film semble très réaliste sur la DGSE et ses méthodes borderline, son scénario est un peu trop rapide, on a du mal à tout comprendre, et la résolution finale retombe un peu à plat après la tension constante que Haim a su insuffler à tout le film. Il aurait pu être très bon, il se contente d'être bon, ce qui n'est pas si mal.
11 janvier : The Spirit, de Frank Miller
Après avoir été crédité en tant que co-réalisateur de Sin City, Frank Miller se lance en solo dans la réalisation, en adaptant un comic de Will Eisner. Pas de toute, on voit à quelle école Miller s'est formé pour le cinéma : son film a exactement la même identité visuelle que Sin City. Ce qui n'est pas un mal. Si la recette est un peu moins bien exécutée, elle reste efficace : une ville sombre, un héros solitaire dont la voix off berce le film, une histoire de gentil et de méchants... Si on aime le genre, The Spirit est plutôt réussi.
Le début peut pourtant laisser sceptique pour qui ne connaît pas la BD originale : Miller hésite entre le ton de Sin City et un ton beaucoup plus léger, à la limite de l'autodérision. Et les combats entre The Spirit et son ennemi paraissent exagérés (mais peut-être est-ce comme cela dans le comic). Mais on se fait finalement vite à cette approche et on finit par apprécier le film pour ce qu'il est : une histoire très simple de bon et de méchant dans un univers visuellement superbe.
17 janvier : Australia, de Baz Luhrmann
Voici la fresque tant attendue du réalisateur de l'excellentissime Moulin Rouge. Beaucoup d'attente pour ce film dont la bande annonce était très alléchante. On sait Luhrmann capable de dépasser la banalité des histoires d'amour pour en faire de véritables tragédies.
Dommage qu'ici, cette dimension attendue ne soit pas au rendez-vous. Le film reste beau - superbes paysages australiens -, haletant - la guerre intervenant dans une histoire d'éleveurs de bétail, avec nature ancestrale à la clé - mais n'atteint pas les sommets escomptés. Nicole Kidman et Hugh Jackman livrent une prestation honnête mais ne sont pas éblouissants. Australia reste une jolie fresque, mais c'est tout est c'est un peu dommage.
25 janvier : Slumdog Millionaire, de Danny Boyle
Il est un peu tard pour parler de ce film qui a fait le tour du monde et remporté l'Oscar du meilleur film 2009. Mais c'est véritablement un chef d'oeuvre ! J'ai toujours aimé Danny Boyle - enfin, plus ou moins, le moins se situant dans La Plage et Sunshine - et là il ne m'a pas déçu.
L'histoire est celle d'un jeune indien issu des bidonvilles qui participe à l'émission Qui veut gagner des millions. Et, chose incroyable, il répond au fur et à mesure à toutes les questions, alors qu'il n'est pas censé être cultivé. Le Jean-Pierre Foucaud local commence à se poser des questions : le jeune homme triche-t-il ? C'est ce qu'on va découvrir en suivant en flashbacks la courte vie du garçon, dont les aléas vont le pousser à connaître des choses insignifiantes qui lui permettront, peut-être, de gagner vingt millions de roupies.
Visuellement superbe - on est habitué avec Boyle - Slumdog Millionaire est aussi une histoire magnifique. Sans misérabilisme, elle nous montre la vie d'un garçon défavorisé, abandonné, manipulé, qui va tout faire pour s'en sortir. C'est à la fois une hymne à la vie, au courage, mais sans violons, et l'apologie des petites expériences qui semblent insignifiantes sur le moment mais qui peuvent avoir de l'importance bien plus tard. Rythmé, bien joué, beau, Slumdog Millionaire ne nous lache pas une minute, et on reste pendu au suspense qui verra, ou non, le jeune homme gagner au jeu et retrouver, peut-être, la femme qu'il aime. Grandiose.
31 janvier : King Guillaume, de Pierre-François Martin-Laval
Pierre-François Martin-Laval, alias Pef des Robins des Bois, avait montré une certain sensibilité dans son premier film, Essaye-moi. On retrouve l'univers décalé de cet homme lunaire, fils spirituel de Pierre Richard (qui joue d'ailleurs dans le film), dont les personnages font preuve d'une naïveté touchante dans un monde un peu trop dur pour eux.
Guillaume est un homme simple qui conduit le train touristique d'une petite ville. Sa femme (Florence Foresti) est enceinte et ils ont du mal à joindre les deux bouts. Jusqu'au jour où on leur annonce qu'ils sont les héritiers d'un royaume insulaire. Mais quand Guillaume débarque sur l'île, il doit se rendre à l'évidence : elle fait quelques mètres carré, il n'y a que six habitants et pas un sou dans les caisses. Au temps pour la vie de château à laquelle il s'attendait.
Malgré toute l'affection que j'ai pour Pef, le film manque clairement de quelque chose : un vrai scénario. Il ne se passe pas grand chose, on a du mal à se sentir impliqué par cette histoire, au-delà du pitch sympathique et des personnages tous plus loufoques les uns que les autres. Voilà, c'est ça : sympathique, mais peut-être pas de quoi en faire un film. À noter tout de même la musique composée par Emily Loizeau, dont je vous reparlerai un jour.
Bon voilà, je m'en suis sorti et en plus, maintenant, il y a du snooker à la télé. Il me reste février, mars et avril, je vais essayer de faire ça dans le week-end...
16:47 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


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