31.01.2009
Le Clairvoyage, d'Anne Fakhouri
Vous connaissez peut-être Anna Fakhouri via Actusf. Le Clairvoyage est son premier roman, paru aux éditions L’Atalante dans la collection jeunesse. Pas forcément évident de parler d’un bouquin d’une amie, avec le risque de paraître lèche-cul… Mais tant pis, j’ai vraiment bien aimé ce bouquin, alors pas de raison de se priver.
Commençons par dire que je ne suis pas un grand fan de littérature jeunesse. Je ne suis pas sûr d’avoir le recul nécessaire pour apprécier ces livres sans me départir de mon regard d’adulte. Les mauvaises langues diront que j’ai gardé mon âme d’enfant, ce qui n’est pas faux, mais cela ne suffit pas toujours… Je suis plutôt méfiant envers ce type de livres qui peuvent, d’après moi, tomber dans deux travers opposés : soit une simplification à l’extrême du langage et/ou de l’intrigue et/ou des personnages ; soit à l’inverse une tentative « d’adultisation » du jeune public avec des intrigues très réalistes et plutôt sombres (notez que ces impressions ne sont pas forcément fondées sur mon expérience mais représentent plutôt les craintes que je nourris envers le genre).
Le Clairvoyage évite ces deux écueils puisqu’il m’a semblé avoir vraiment été écrit pour les jeunes autour de 12 ans (c’est l’âge de l’héroïne) (le « autour » pouvant représenter plusieurs années, je ne suis pas un expert…). Anne Fakhouri s’adresse véritablement à son audience. Ce qui ne veut pas dire que l’intrigue est simplifiée, ni le langage. Mais les préoccupations de l’héroïne et sa vision qu’elle a du monde ont un accent de vérité qui m’a marqué (sans que je sois capable de le définir correctement...).
De quoi parle donc Le Clairvoyage ? Clara, 12 ans, vit paisiblement avec ses parents, qui sont d’indécrottables terre-à-terre. Ils lui ont transmis leur rigueur scientifique et la jeune fille passe son temps dans les livres, ou bien à discuter avec sa poupée. Un jour, ses parents meurent dans un accident. Elle est alors confiée à son oncle Antoine et sa femme Bébé. Celle-ci, mystérieuse, ne se montre pas sous le prétexte d’une santé fragile. Dans leur maison, Clara va découvrir des personnages ou des animaux excentriques. Elle semble aussi poursuivie par un corbeau depuis sa plus tendre enfance. Clara aurait-elle atterri à la lisière d’un monde féerique ?
L’intrigue met un peu de temps à démarrer. Globalement, il y a quelques maladresses d'écriture, notamment dans les transitions entre les scènes qui semblent parfois un peu sèches, ou dans le comportement de Clara qui, parfois, ne semble pas parfaitement cohérent – cela dit je n'ai jamais été dans la peau d'une petite fille de 12 ans... J’ai trouvé cela un peu gênant au début lorsque l’intrigue se met en place. Mais rapidement, cette gêne s’estompe, l’auteur sachant capter l’attention du lecteur en prenant son temps, en distillant ses informations petit à petit, sans révélation trépidante, en cultivant discrètement la curiosité de son héroïne – et donc des ses lecteurs. Le déroulement de l’histoire prend alors une tournure toute naturelle, Anne Fakhouri ne force jamais le trait et ne provoque pas les situations pour faire avancer artificiellement son histoire.
Par ailleurs, son univers est séduisant – je dois avouer connaître très peu le monde des fées et ai donc découvert une ambiance assez originale. Surtout, il n’est absolument pas manichéen, et c’est sans doute la grande force de ce livre : l’auteur ne présente pas les fées comme des êtres gentils et délicats – ni comme des monstres – mais comme des personnages avec un système de pensée tout à fait différent du nôtre – et donc un comportement difficilement compréhensible pour les humains. Et le fait de les faire intervenir tard dans le roman montre qu’Anne Fakhouri ne cède pas à la tentation du merveilleux pur et dur, mais reste collée aux préoccupations de son héroïne.
La figure du corbeau est particulièrement intéressante, ambiguë. On se demande longtemps s’il est ami ou ennemi. De même avec Bébé : l’auteur a su garder un voile de mystère autour de ce personnage qui est l’un des intérêts du livre.
Je suis un peu plus réservé sur la fin, que je trouve trop rapide. Il y avait sans doute matière à faire monter en puissance l’émerveillement et l’excitation du lecteur qui entre enfin de plain pieds dans un monde qu’il n’avait jusqu’ici que touché du doigt. Mais ça ne gâche pas l’impression globalement positive de la lecture.
La suite, La Brume des jours, est donc attendue avec impatience. Notons, également, la magnifique couverture de Sarah Debove (qui avait réalisé la sublime BD Thomas Lestrange avec Serge Lehman), qui, avouons-le, fut le déclencheur de cette lecture. Cette imagerie m’a accompagné tout au long du livre, et probablement n’est-elle pas étrangère au plaisir que j’en ai retiré.
19:59 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : clairvoyage, fakhouri, litterature jeunesse, debove
29.01.2009
Les films de novembre 2008
Ca commence à devenir une habitude : je suis très en retard... Je me demande si ça a encore un sens d'en parler, alors mes commentaires vont être très courts...

Suite directe de l'épisode précédent (Casino Royale), Quantum of Solace continue sur la même voie : un Bond plus sombre, plus intériorisé ; des combats plus bruts, avec bien sûr quelques explosions mais sans en faire une overdose ; et un scénario globalement crédible, moins extravagant que ceux de la période Brosnan.
Sur la piste de ceux qui ont tué Vesper dans Casino Royale, Bond met à jour une organisation criminelle jusqu'ici inconnue des services secrets britanniques. Une organisation qui a même infiltré ces services au point de mettre en danger la vie de M. Bond n'aura de cesse de la démanteler, partagé entre son devoir et son désir de vengeance.
Un très bon opus, efficace, relativement sobre (ça reste un Bond, quand même), qui contribue à replacer la série sur de bons rails.
08 novembre : Mesrine : L'Instinct de mort, de Jean-François Richet

Ne connaissant pas la vie et l'oeuvre de ce criminel des années 70, j'y suis surtout allé pour l'affiche. Très bonne surprise que ce film, avec un Cassel vraiment impressionnant (on regrettera juste le coton dans la bouche pour les grossir, on n'y croit pas vraiment).
Côté histoire, comme il fallait s'y attendre, c'est un peu décousu : il a fallu raccourcir plusieurs années en deux heures, ça provoque des transitions un peu abruptes. Mais à part ça, le film est captivant, violent mais réaliste, et la fascination que l'on ressent pour le personnage est plutôt... gênante.
Les autres acteurs sont également très bons, comme Cécile De France.
09 novembre : Hellboy 2, les légions d'or maudites (Hellboy II : The Golden Army), de Guillermo Del Toro

09 novembre : Bouquet final, de Michel Delgado

Petite comédie française sans prétention et sans grande surprise. On rigole pas mal devant les déboires d'un croque-mort et de son jeune apprenti, l'idée est plutôt originale et les jeux de mots morbides pleuvent. L'intérêt est surtout de voir Marc-André Grondin, jeune acteur québecquois qui avait percé l'écran dans C.R.A.Z.Y.
15 novembre : Mes stars et moi, de Laetitia Colombani

Tourné avant la sortie des Ch'tis, ce film aura sans doute bénéficié de l'aura de Kad Merad (sauf pour ceux qui ne le supportent plus...). Il jour le rôle d'un fan un peu trop attachant de trois actrices, dont il parvient, grâce à son emploi d'homme de ménage chez un agent artistique, à orienter la carrière. Mais les trois femmes en ont marre et décident de se venger.
Rien d'exceptionnel, c'est plus du téléfilm que du cinéma, mais c'est assez sympathique.
16 novembre : Mensonges d'état, de Ridley Scott

Après son chef d'oeuvre American Gangster, Ridley Scott s'attaque à un sujet en vogue : les services secrets américains et leur guerre contre le terrorisme. Roger Ferris (Leonardo DiCaprio) est un agent de terrain chargé de traquer un terroriste jordanien. Il est aidé à distance par Ed Hoffman (Russell Crowe), vétéran de la CIA, dont il ne sait pas s'il l'aide ou le manipule. Il devra obtenir le concours des services secrets jordaniens pour parvenir à ses fins.
Sans atteindre l'excellence d'American Gangster, Scott nous livre un nouveau très bon film, emprunt d'une tension permanente et qui ne cherche pas vraiment à jouer les moralisateurs (difficile de savoir si Scott approuve ces méthodes/cette guerre ou non). Le film vaut essentiellement par la prestation de DiCaprio, décidément à l'aise dans ce genre de rôle après Les Infiltrés ou Blood Diamond.
22 novembre : J'irai dormir à Hollywood, de Antoine de Maximy

Attention, ce type est fou. On se demande comment il fait pour être encore vivant. Dès qu'il y a un coin bien louche qu'on lui conseille d'éviter, il fonce dedans. Témoin son passage à la Nouvelle-Orléans, véritable moment de tension du film. Certes, il en joue, provoque et n'hésite pas à utiliser une petite musique stressante. C'est un peu gros comme procédé, mais ça marche, car au-delà de la tension qui en résulte, il nous montre des choses qu'on ne voit jamais aux infos.
Bref, c'est un excellent film, et peu importe s'il atteint son but ou non. Les rencontres qu'il fait sont toutes plus passionnantes les unes que les autres, parfois poignantes, parfois tristes, parfois joyeuses, mais on en tire toujours quelque chose. Une vraie réussite.
23 novembre : La très très grande entreprise, de Pierre Jolivet

Après Ma petite entreprise (que je n'ai pas vu), Pierre Jolivet revient dans le thème du monde du travail. Trois employés d'une très grande entreprise sont licenciés pour "raisons économiques". Après avoir obtenu de petites indemnités, ils décident que ce n'est pas assez et tentent d'infiltrer le siège de leur ancienne société pour trouver des preuves autour d'un scandale écologique - et faire raquer les patrons.
Le trio Roshdy Zem / Marie Gillain / Jean-Paule Rouve fonctionne plutôt bien dans cette satire sociale bien dans l'air du temps. C'est un peu gros par moment, mais le côté pieds-nickelés des personnage est très sympathique.
30 novembre : Mesrine : L'Ennemi public n°1, de Jean-François Richet

16:55 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cinema, novembre 2008, dormir hollywood, quantum of solace, mesrine, mensonges d'etat
01.01.2009
Bonne année Chatel !
Eh oui, après Noël, logiquement, il y a le jour de l'an. Et ses feux d'artifices, même en pleine montagne. Alors à défaut de pouvoir faire une carte bien léchée avec "2009" marqué dessus, il faudra vous contenter de ce simple cliché, accompagné de mes meilleurs voeux pour 2009.
17:37 Publié dans Photo | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : feu d'artifice

