12.12.2008

Les films d'octobre 2008

Je suis en retard, en retard, en retard !...

 

12 octobre : Blindness, de Fernando Meirelles Stars_3.gif

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Le réalisateur de La Cité de Dieu (2003) et de The Constant Gardener (2005, excellent film avec Ralph Fiennes) revient avec un film fantastique où un virus (ou quoique ce soit d'autre, on n'en saura pas plus) provoque une épidémie globale de cécité. Seule une femme semble immunisée. Elle se retrouve en qurantaine avec son mari et un certain nombre d'autres malades, sans savoir ce qui se passe à l'extérieur. Abandonnés à eux-mêmes, ils organisent une micro-société dans les dortoirs, dont certains veulent profiter.

Louons tout d'abord la réalisation et la photo du films, très maîtrisées et adaptées à cette histoire claustrophobique et désaturée. Meirelles joue sur la luminosité plus que sur la couleur pour accentuer l'expérience que vivent les protagonistes.

Côté scénario, ça commence très bien. Même si la quarantaine des malades semble artificielle (on ne comprend pas trop pourquoi ils sont abandonnés dans des conditions aussi déplorables), elle génère des comportements nouveaux, une adaptation sociale très intéressante. Dommage que Meirelles aille aussi loin dans l'abus de pouvoir de certains personnages. Il a sans doute voulu pointer le caractère indéniablement mauvais de l'espèce humaine, mais c'est un peu too much. Heureusement, la fin redevient réaliste et très bien vue, à la limite de la métaphore utopique.

 

13 octobre : Appaloosa, de Ed Harris Stars_2.gif

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Virgil Cole (Ed Harris) et Everett Hitch (Viggo Mortensen) sont engagés par les notables d'Appaloosa pour y faire régner la loi, et notamment lutter contre Randall Bragg (Jeremy Irons), qui a assassiné l'ancien shériff. Au milieu de tout ça, arrive en ville Allie (Renee Zellweger), qui attire l'attention de Cole.

Ed Harris retrouve Viggo Mortensen après A history of violence pour un western de facture classique mais plutôt bien mené. Rien d'exceptionnel dans le scénario ni dans la réalisation, mais des personnages (Cole et Hitch) taciturnes et charismatiques, très bien incarnés, qui changent des clichés du genre.

 

17 octobre : Tonnerre sous les tropiques (Tropic Thunder), de Ben Stiller Stars_3.gif

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Accrochez-vous bien, gros gros délire garanti ! Déjà, on démarre avec de fausses bandes annonces parodiques mettant en scène les acteurs qui seront les personnages du nouveau film de Ben Stiller. Ensuite, on plonge dans l'histoire : celle d'un film sur une bataille pendant la guerre du Vietnam, avec les acteurs les plus en vue du moment : un crack des films d'action, un chanteur de rap qui fait dans la pub, un acteur de films gras et LA star à Oscars du moment. Mais le tournage ne va pas se passer comme prévu et, pour stimuler ses comédiens, le réalisateur va les mettre (involontairement) dans les pattes de véritables trafiquants de drogue.

On se marre d'un bout à l'autre devant les pitreries de Stiller et de sa bande. Certes, c'est de l'humour pas toujours très fin, mais ça fait du bien de lâcher les élastiques de temps en temps. D'autant plus que le scénario n'a rien d'insignifiant et est plutôt cohérent. Une vraie bonne pilade.

 

19 octobre : Le crime est notre affaire, de Pascal Thomas Stars_1.gif

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Retour des héros bien sympathiques de Mon petit doigt m'a dit, avec cette nouvelle adaptation d'Agatha Christie. Malheureusement, cette fois-ci le coeur n'y est plus : si les personnages sont toujours aussi attachant, le scénario (la tante de Prudence est persuadée d'avoir vu un criime dans un train) n'est pas à la hauteur et les situations perdent en intensité et en crédibilité.

 

26 octobre : Tokyo!, de Michel Gondry, Leos Carax et Joon-ho Bong Stars_3.gif

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Trois moyens métrages autour de la ville de Tokyo. Le premier, Interior Design de Michel Gondry, voit deux jeunes japonais chercher à s'installer à Tokyo. Squattant chez une amie, ils tentent de trouver un travail, mais pour des artistes ce n'est pas forcément évident. Le second, Merde de Leos Carax, montre une espèce de clochard monstrueux terroriser Tokyo. Un avocat français servira d'interprète pour cette homme lorsqu'il sera traduit en justice. Le troisième, Shaking Tokyo de Joon-ho Bong, parle des hikikomori, ces jamonais qui vivent reclus chez eux sans jamais en sortir. L'un d'eux se trouve tenté de sortir après avoir rencontré une jolie livreuse de pizzas.

Le film de Gondry mérite ses quatre étoiles. Plus sobre au niveau réalisation que les autres films de Gondry, il porte une dimension sociale très intéressante, sur la difficulté de trouver un travail et, plus généralement, une place dans la société. Vraiment très beau.

Celui de Carax mérite bien son nom... Complètement nul, inintéressant, chiant, trop long, stupide... et surtout complètement hors de propos (cela aurait pu se passer n'importe où ailleurs), sauf si l'on part du principe que Leos Carax en veut personnellement aux japonais, ce qui semble être le cas (mais bon, laissons-lui le bénéfice du doute). Bref, si vous voulez aller pisser pendant la séance, profitez de cette Merde.

Heureusement, Shaking Tokyo rattrape le coup, d'une manière tout simplement magnifique. Très doux, subtil, attaché aux détails visuels et sonores (et même tactiles), Joon-ho Bong réalise un petit chef d'oeuvre, à l'image ultra soignée (avec de magnifiques jeux de profondeur de champ), à l'histoire romantique mais pas mièvre, avec des éléments d'anticipation discrets mais frappants. Sans doute le film le plus merveilleux depuis très, très longtemps, malgré sa courte durée. Quatre étoiles aussi, même dix si c'était possible. En tout cas de quoi donner à Tokyo! tout son intérêt (avec le Gondry), calmant de justesse la colère qui nous prend devant l'excrément de Carax.

Commentaires

Je m'insurge, le Carax n'a rien d'une merde !
(il est juste un peu longuet par moments)
Et tu dis qu'il est hors de propos et qu'il aurait pu se passer n'importe où ailleurs alors que c'est le plus "japonais" et "tokyoite" des trois : à la fois dans les références qu'il détourne (le début est une parodie de kaiju-eiga, musique de Godzilla en prime), les symboles qu'il piétine (c'est pas anecdotique si le "monstre" se met à dévorer des chrysanthèmes, symbole de la famille impériale) ou la situation politique qu'il dénonce (à l'époque était en discussion - c'est aujourd'hui adopté - le fichage des tous les étrangers arrivant sur le sol japonais ; et à travers ça la légendaire xénophobie japonaise).

Ecrit par : Epikt | 13.12.2008

Le problème est que quand un film n'arrive pas à faire comprendre le message qu'il véhicule, il est complètement raté. Je n'ai pas vu Godzilla, je ne savais pas ce que représentent les chrysanthèmes, et je ne connais pas la situation politique au Japon. Comme Carax n'a rien expliqué, je considère qu'il ne s'adresse qu'au 3 ou 4 personnes susceptibles de comprendre (dont toi visiblement). Donc il a raté son coup. Donc son film est nul. Pour moi.

Les autres sont beaucoup plus ouverts, arrivent, selon moi, à présenter et faire comprendre une situation qui met en jeu à la fois des sentiments/situations universelles, et des points spécifiques au Japon.

Alors Carax est peut-être un génie, mais il restera un génie confidentiel. Alors que Gondry et Bong sont des génies universels.

Ecrit par : Jérôme | 14.12.2008

Reste à savoir si :
- l'universalité est un critère de qualité d'un film (pour ma part je dirais "non" ; la plupart des "grands" films je vois bien en quoi ils peuvent être "universels", ça n'empêche pas qu'ils m'en touchent une sans bouger l'autre)
- un film doit expliquer tout ce qu'il fait (qu'il insiste sur ses attentions c'est le meilleur moyen de rendre le film lourdingue et sans intérêt, au sens où tout est déjà mâché au spectateur)

PS : j'avais pas percuté que 'Blindness' c'était par le type de 'La Cité de Dieu'... 'Blindness' est quand même beaucoup mieux.

Ecrit par : Epikt | 14.12.2008

J'ai vu Tonnerre sous les tropiques. Je ne te félicite pas. Tu devrais avoir honte de toi.

Ecrit par : pat | 14.12.2008

Je suis d'accord avec toi sur le fond, Epikt. Mais lorsqu'on aborde un sujet aussi pointu (le Japon, très peu de gens connaissent en Occident), soit on explique ses intentions (ce que fait Bong, par exemple, puisqu'il explique le contexte), soit on laisse au spectateur d'autres éléments lui permettant d'apprécier le film, quitte à passer à côté du message.

Or là, pour le Carax, si tu n'es pas un spécialiste du Japon, tu n'as rien à quoi te raccrocher : pas de scénar, dialogues nazes, etc. Même l'image est moche (bon ok, là c'est sans doute très subjectif). C'est ça que je lui reproche.

Très honnêtement, je doute que le Carax aurait pu trouver un distributeur s'il n'avait pas été aussi bien entouré. Tant mieux pour lui, après tout si tu as apprécié c'est qu'il n'est pas aussi dénué de sens que je le pensais. Mais bon, ça ne changera rien à mon avis :)

Ecrit par : Jérôme | 15.12.2008

@Pat : j'ai été converti il y a quelques années au film con. Je n'y peux rien. Au début j'ai eu honte, mais maintenant ça va.

Ecrit par : Jérôme | 15.12.2008

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