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29.04.2008

Ma pige pour Premiere

74514022.jpgIl y a quelques jours, dans la discussion qui a suivi mon coup de gueule sur la nouvelle maquette de Premiere, j'ai subrepticement glissé que j'avais publié une critique dans la rubrique du courrier des lecteurs, sur le film Dogora de Patrice Leconte, sorti en 2004. La critique est parue dans le numéro de janvier 2005. A la demande générale de Bruno, voici la-dite critique, qui répondait à celle de Premiere, bien trop courte à mes yeux pour rendre justice à ce film magnifique, et dont la musique d'Etienne Perruchon continue de me faire décoller. Je reviendrai probablement un jour plus en détail dessus.

J'ajoute que, quelques jours après la vision du film, j'ai croisé Patrice Leconte à la FNAC Montparnasse, et que j'ai eu l'occasion de lui dire tout le bien que je pensais de son film. Quand il m'a vu arriver, il a eu peur que je lui demande un autographe, mais je me suis contenté de le féliciter et je crois que cela lui a fait plaisir. Quand on sait que le film n'a pas dépassé les 50 000 entrées, je considère que j'ai fait une bonne action :)

 

Bonjour cher magazine,

je viens de voir Dogora - Ouvrons les yeux, de Patrice Leconte, et je me
permets de réagir à votre critique - au demeurant très juste - car il y a
tant de choses à en dire...

Ah ! non ! c'est un peu court, jeune homme !
On pouvait dire... Oh ! Dieu !... bien des choses en somme.
En variant le ton - par exemple, tenez :
Surpris : "Rien ne se passe mais on reste éveillé !"
Artiste : "Beauté des images et de la musique,
Mêlées si justement en un objet lyrique."
Militant : "Témoin de la misère du monde
Et de ses habitants, entre taudis immondes
Et décharges aux allures de supermarché."
Philosophe : "Film sur le mouvement et l'immobilité,
Des hommes coincés entre la vie et l'attente,
Visages figés et corps en marche lente."
Sociologue : "Métaphore de l'incommunicabilité,
Jamais on ne voit les gens se parler,
Alors qu'à nos oreilles résonnent sans cesse
Bruits de conversation, de circulation ou de liesse."
Allumé : "Mais non, vous n'avez rien compris,
C'est ici de science-fiction qu'il s'agit !
Le jeu du décalage et des contrastes acérés,
La capture d'ambiances nouvelles ou déplacées,
Les frontières du réalisme sont totalement abolies."
Finalement, Dogora à aucun genre n'est soumis.
Pourtant il les couvre tous... drame,
Comédie, social, fantastique... Un film poly-gammes.
Manquent l'amour et la guerre.
Cet oubli serait-il volontaire ?...

Et attention, pour finir, le jeu de mot qui tue :
C'était la tirade du ci-nez.

Désolé.

27.04.2008

Premières photos

Il y a un peu plus d'un an, je me suis offert un réflex numérique Nikon D80 avec la certitude de devenir l'un des meilleurs photographes du monde. Un an après, j'arrive tout juste à sortir des photos potables et à les retoucher maladroitement. Autant dire que j'ai revu mes ambitions. Il faut dire aussi que je n'ai pas été particulièrement actif sur le déclencheur. J'espère que ça va changer.

En attendant, je vous livre quelques photos prises le mois dernier dans l'Yonne, chez mon oncle, photographe qui m'avait prêté pour l'occasion un zoom allant jusqu'à 300mm (je n'ai pas noté les caractéristiques exactes). Je me suis donc amusé à essayer de surprendre les oiseaux venus se régaler auprès d'un puits qui fait désormais office de mangeoir. Après plusieurs dizaines de minutes de planque, quelques crampes et une centaine de prises de vue, voici ce qui ressort de mieux (et encore, après retouche).

N'hésitez pas à me dire honnêtement ce que vous en pensez, et si vous avez des conseils, je suis preneur...

(Cliquez sur les photos pour les agrandir)

Lézard, vous avez dit lézard...
m_DSC_0564.jpgModèle : Nikon D80
Vitesse : 1/1600 s
Ouverture : F5.6
Sensibilité : 400 ISO
Focale : 300 mm
Balance des blancs : Auto

 

Oiseau 1 
437565251.jpg

Modèle : Nikon D80
Vitesse : 1/500 s
Ouverture : F5.6
Sensibilité : 400 ISO
Focale : 300 mm
Balance des blancs : Auto

 

Oiseau 2
886629218.jpgModèle : Nikon D80
Vitesse : 1/400 s
Ouverture : F5.6
Sensibilité : 400 ISO
Focale : 300 mm
Balance des blancs : Auto

24.04.2008

Bye bye Premiere

1687842115.jpgIl y a un peu plus de dix ans, je tombai amoureux de Milla Jovovich après l'avoir vue dans Le Cinquième élément de Luc Besson. J'étais jeune, plein d'illusions et, à défaut de traverser l'Atlantique pour rejoindre la belle (qui n'aurait bien sûr pas manqué de m'accueillir les bras ouverts), je me suis contenté d'acheter le numéro de Premiere dont elle faisait la une. Je fis ainsi d'une pierre deux coups : assouvir ma passion pour Milla, et attiser ma curiosité pour le cinéma que je venais juste de découvrir.

Mon idylle avec Milla fut de courte durée (loin des yeux, loin du coeur, comme on dit), mais celle avec Premiere se consolida et mon intérêt pour le cinéma s'accrut à la lecture de ce magazine qui correspondait parfaitement à mes attentes : des critiques de films ni trop intello, ni trop niaises, des articles de fond intéressants et parfois très fouillés, des interviews originales, et quelques rubriques rigolote comme le Petit Cochon (trop rapidement abandonné, à mon goût). Pendant onze ans, Premiere a pas mal évolué, parfois en bien, parfois en moins bien. Le moins bien venait la plupart du temps des trop nombreuses modifications de maquette, pas toujours réussies. Mais à chaque fois je m'habituais aux nouvelles formules et le fond reprenait vite le dessus sur la forme.

Jusqu'à ce mois terrible de février 2008. Comme on dit dans les milieux journalistiques à sensations : "et là, c'est le drame". Comme tous les mois, je reçois mon Premiere dans ma boîte aux lettres. Je jette un coup d'oeil à la couverture qui, au premier abord, est dans la droite ligne des précédentes, avec en photo un Johnny Depp beau gosse pour la sortie du dernier Tim Burton. Toutefois, deux accroches douteuses retiennent mon attention : "148 films décryptés, adorés, dégommés" (bizarre, ce ton un peu sensationnel) et "Sex and the City - Le tournage infernal !". Légèrement soupçonneux, je prends l'ascenseur, entre dans mon appartement et déchire le film plastique qui entoure le magazine. J'ouvre au hasard... et referme immédiatement. "Diantre, me dis-je, mais qu'est-ce donc ?" Je tente un nouveau coup d'oeil... Non, je ne suis pas pris de folie, c'est bien la nouvelle maquette qui est tout simplement immonde ! Je regarde de nouveau la couverture pour voir si le facteur, par erreur, ne m'aurait pas livré par hasard un Public ou un Elle. Non, c'est bien Premiere !

Je ne vais pas vous faire l'affront de détailler tout ce qui ne va pas, ni mettre de photos (ce blog est tout nouveau, je ne veux pas vous faire fuir tout de suite). Mais en gros : ils ont fait de Premiere un magazine girly, avec potins, photos de couples, couleurs flashy (ce rose, quelle horreur), onomatopées comme accroches pour les brèves, classement des critiques par ordre décroissant (de la meilleure à la plus mauvaise) - ce qui laisse moins de visibilité aux films non sollicités et crée une ambiance à la Star Ac' -, articles sur des films aussi intéressants que Sex in the City... Il est évident que Premiere a voulu accroître son audience féminine. Sur le principe, je n'ai rien contre, mais j'ai trop de respect pour la gente féminine pour croire qu'elle se soumet tout entière aux recettes minables des torchons people qui pululent depuis quelques années. Et puis quoi, merde, Premiere n'a jamais été un magazine masculin ! Jason Statham n'a jamais fait la une, et les sous-merdes à la Fast and Furious n'ont jamais été mises en avant. Alors pourquoi cet excès de crétinerie peoplisante ?

A cela, une réponse, au moins : la nouvelle rédactrice en chef, transfuge de... Elle ! Et voilà, on a tout dit. Je n'ai rien contre cette dame, qui fait sans doute le boulot qu'on lui a demandé de faire. Mais ça montre la volonté du groupe Hachette de faire de Premiere non plus un magazine de cinéma, mais un magazine sur les people du cinéma. Je leur ai laissé une chance, car certains rédacteurs de l'ancienne équipe sont restés et écrivent toujours de bons articles. Mais quand on voit avec quel dédain Premiere a répondu aux très nombreuses critiques de ses lecteurs sur cette nouvelle maquette, et quand on voit qu'au bout de trois mois, rien n'a changé, il n'y a qu'une chose à faire : résilier l'abonnement. Et aller voir ailleurs.

Dommage, onze ans de fidélité, j'en étais assez fier. Mais la loi du marché prime. Et encore, je suis certain qu'ils vont se planter. Les lecteurs de Premiere ne sont pas idiots. En plus, Premiere a amélioré son site internet récemment. Il y a donc peu de chances pour que les fidèles continuent de subir les horreurs de la version papier s'ils trouvent la même chose sur le net (du moins en terme de contenu).

Quant à moi, je vais réécrire à Milla. On ne sait jamais. Je lui manque peut-être.

 

1576992219.2.jpgPS : ah oui, j'ai failli oublier : dans le numéro de ce mois-ci, un invité d'honneur de marque, qui nous parle de ses goûts ciné : Julien Doré ! Ouais, trop coooool !!!!

23.04.2008

L'Île de Nim (Nim's Island)

104077232.jpg     1877445428.jpg

Démarrer la partie cinéma de mon blog avec un film destiné à la jeunesse n'est pas, a priori, le meilleur moyen de manifester le sérieux que j'aimerais donner à cette rubrique. Mais ma conception de ce que doit apporter le cinéma n'exclut pas les films de pur plaisir, quelles que soient leurs cibles. J'assume donc mon récent coup de coeur pour L'Île de Nim (Nim's Island), film de Jennifer Flackett et Mark Levin, avec Abigail Breslin, Jodie Foster et Gerard Butler (le Leonidas de 300).

786038300.jpgPour être honnête, je n'avais qu'un objectif en choisissant ce film : voir Jodie Foster faire le clown, comme le laissait entendre la bande-annonce. Jodie Foster est l'une des actrices les plus talentueuses au monde (et les plus jolies aussi, ce qui ne gâche rien), plutôt habituée à des rôles sérieux. L'occasion de la voir jouer dans une pure comédie était trop belle pour ne pas être saisie.

Le film en lui-même n'a rien de bien exceptionnel : il s'agit d'une comédie pour enfants, dont l'héroïne (Abigail Breslin), une gamine vivant avec son père sur une île déserte après la mort de sa mère, doit protéger son foyer contre d'envahissants touristes. Son père parti en mer, elle se retrouve toute seule et fait appel à Alex Rover (Gerard Butler), héros de romans d'aventure avec qui elle entre en contact par email. Mais l'Alex Rover à l'autre bout du monde n'est pas le héros escompté, mais une écrivaine agoraphobe et maniaque (Jodie Foster) qui va réussir à s'extraire de son quotidien pour tenter de sauver la jeune fille.

Entre gags potaches et intrigue à la Maman, j'ai raté l'avion, L'Île de Nim est loin d'être un grand film. Pourtant, on s'attache à cette gamine entourée de ses amis animaux (un éléphant de mer, un pélican et un lézard), qui déploie une énergie et un optimisme entraînants, ce qui n'est pas désagréable vu l'époque où l'on vit.

1769571532.jpgQuant à Jodie Foster, c'est une véritable révélation. Son talent comique est réel. La voir danser sur un rythme tribal ou se prendre un arbre en pleine figure est un plaisir qui n'a rien de sadique et tout d'admiratif. Cette femme peut tout jouer à la perfection et n'a pas peur de bousculer son image.

L'Île de Nim est donc une agréable surprise, pour autant que l'on ne s'attende pas au film du siècle. On lui reprochera juste une fin un peut trop rapide (et, soyons honnêtes, très convenue - mais rien d'étonnant pour ce genre de film) et une exploitation limitée du duo Breslin/Foster, qui se rencontrent trop tard à mon goût.

Si vous avez des enfants, c'est une excellente alternative à l'inondation de films de fantasy qui noie le marché du cinéma jeunesse. Si vous n'en avez pas mais que vous avez gardé une âme d'enfant, vous pourriez sans doute y prendre beaucoup de plaisir.

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